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Société: Vers une crise alimentaire en Centrafrique

Des organisations humanitaires craignent une crise alimentaire en République centrafricaine - Les violences en République centrafricaine, ciblant particulièrement  les grands commerçants et les éleveurs, font craindre une crise alimentaire majeure, préviennent plusieurs organisations humanitaires, notamment Oxfam, Action contre la Faim, International Medical Corps, Mercy Corps, Tearfund, dans un communiqué parvenu ce mardi à la PANA.

Selon le communiqué, la majorité du commerce alimentaire de Bangui dépend de 40 grands grossistes qui importent des denrées des pays voisins et les revendent aux détaillants. Une enquête menée par Oxfam et Action contre la Faim montre que moins de 10 importateurs sont restés à Bangui et qu’ils pourraient partir si les conditions de sécurité ne s’améliorent pas dans un proche avenir.

De plus, en prélude au démarrage de la principale saison agricole dans moins d’un mois, 96 % des paysans n’ont pas accès aux semences et 90 % de la population ne mangent qu’une fois par jour, d’après une estimation des Nations unies.

Prévenant que l’absence prolongée des grossistes serait catastrophique, le directeur  d’Oxfam en République centrafricaine, Philippe Conraud, a expliqué que cette situation conduirait à une pénurie des denrées de première nécessité et à une très forte inflation.

'La violence et l’insécurité poussent les gens à quitter le pays, mais empêchera également la nourriture d’y entrer. Les familles ne pourront plus trouver de quoi se nourrir. La RCA sera comme en Etat de siège',  avertit M. Conraud, ajoutant que la plupart de ceux qui ont fui les attaques de Bangui sont les piliers de l’économie locale et que si les rares grands commerçants qui restent ne sont pas protégés, les conséquences seront désastreuses.

En effet, il ressort d'une enquête de l’ONG  Action contre la Faim que les coûts des denrées de première nécessité, telles que le manioc et l’arachide, ont déjà augmenté. Le manioc a augmenté de 20 % depuis novembre 2013.

Cette situation est aggravée par le fait que 'des centaines de camions transportant de la nourriture restent bloqués à la frontière camerounaise, car les chauffeurs craignent d’être attaqués par des groupes armés’’, indique le communiqué.

Les grossistes ont également signalé une diminution des ventes de 85 à 95 % au cours des deux derniers mois en raison de la baisse des revenus des populations et de l’augmentation des prix, souligne la même source, qui explique qu'avec la fuite des éleveurs, la viande a disparu de bien des étals de Bangui et, quand il y en a, elle est deux fois plus chère.

'Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour sauver les prochaines récoltes, mais la réalité est qu’elles seront inévitablement faibles', a déploré le chef de l’équipe d’intervention d’urgence d’International Medical Corps, Christopher Rae.

Soulignant que cela ne fera qu’approfondir et prolonger la crise actuelle, M. Rae a exhorté à la fois les acteurs à renforcer l’aide d’urgence aux familles affectées et préparer une réponse plus soutenue pour l’année à venir.

Selon les Nations unies, 1,3 million de personnes ont déjà besoin d’une assistance alimentaire immédiate, d’après une évaluation menée dans les régions de Bangui et du Nord-Ouest.

L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a récemment estimé que 838 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays (dont 414 000 à Bangui) depuis le début du mois de décembre 2013. De plus, 245.000 Centrafricains et 31.000 ressortissants d’autres pays ont fui le pays.

Pana 12/02/2014