Santé animale - Lancement de la campagne de vaccination du cheptel à Koung Koung sérère. Macky Sall a affirmé sa ferme volonté d'obtenir, dans deux ans, une couverture universelle du cheptel contre les quatre maladies sur les treize qui affectent le bétail. Un milliard de FCfa a été dégagé pour la campagne de vaccination de cette année.
Le ton a été donné, hier, avec le démarrage, sur les chapeaux de roue, de la campagne de vaccination 2013 qui a nécessité le décaissement d'une enveloppe d'un milliard du Budget consolidé d'investissement (Bci) pour une période de 4 mois.
Tout porte à croire que l'objectif visé par le président Sall, sera largement atteint, d'autant que rien n'a été négligé pour un bon déroulement de cette présente campagne, point de départ d'un programme ambitieux. C'est dire que la présente campagne cible la peste équine, soit 261.000 chevaux à vacciner. Un taux qui a été porté à 50 %, cette année.
La peste des petits ruminants, avec 5 millions d'ovins et de caprins à vacciner sur une population de 10 millions, constitue la seconde cible de la campagne.
Il y a également la dermatose nodulaire contagieuse bovine qui intéresse 1.657.000 bovins à vacciner, sans compter les 6 millions de volailles, soit 25 % des 22 millions qui seront vacciné de la maladie de New Castel.
Il s'agit d'un programme qui a ravi les représentants des éleveurs qui, dans leurs interventions, n'ont pas manqué de souligner l'espoir que constitue Macky Sall depuis son élection à la tête du pays. Le secteur de l'élevage, en somme, les agriculteurs pour ne pas dire le monde rural, a pris conscience de ses capacités à renverser les tendances négatives qui plombaient l'envol d'un secteur aussi important que l'élevage, ont souligné, Kalidou Ba, le président de la maison des éleveurs, les présidentes des femmes éleveurs, mais également le chef du village de Koung Koung, Daly Diouf, le président de la communauté rurale de Ndiébel et le président du Conseil régional de Kaolack, Sambou Oumané Touré.
Cependant, des doléances ont été portées à l'attention du président Macky Sall, des préoccupations liées au renouvellement du matériel agricole, de la réalisation de pistes de production pour désenclaver les zones, la réalisation de forges et de bassins de rétention, la multiplication des parcs à vaccination et enfin la mise à disposition, à temps utile, des aliments de bétail.
Le chef de l'Etat promet de durcir les peines contre les voleurs de bétail
En procédant, hier, à Koung Koung Sérère, au lancement officiel de la campagne nationale de vaccination du cheptel, le président de la République, Macky Sall a dit toute sa détermination à durcir les peines d'emprisonnement contre les voleurs de bétail.
Pour le chef de l'Etat, le vol du bétail est devenu un véritable fléau, qui a fini de mettre à genou l'économie du monde rural et qui nécessite la prise de dispositions aptes à enrayer le mal. A son avis, la réflexion engagée dans ce sens devra permettre, dans un bref avenir, de trouver des solutions à ce problème.
Le président Macky Sall s'est engagé, à Koung Koung Sérère, à saisir l'Assemblée nationale afin qu'elle statue sur une loi qui devrait rendre plus dures, plus sévères les peines encourues par les voleurs de bétail. « Un voleur qui écopera de 10 ans d'emprisonnement, réfléchira, par deux fois, avant de passer à l'acte une nouvelle fois », a déclaré le chef de l'Etat.
Mais en attendant de saisir l'Assemblée nationale, Macky Sall trouve qu'il serait opportun, pour les ministères de la Justice, de l'Intérieur et des Forces armées, de combiner leurs efforts, mais surtout d'harmoniser leur forces pour lutter efficacement contre ce fléau, par la mise en place de comités de vigilance à travers toute l'étendue du territoire. Convaincu que le Code pénal et la loi pastorale aideront à lutter efficacement contre le vol du bétail et à renforcer les moyens de lutte, le président de la République s'est dit déterminé à résoudre le problème.
Macky Sall a, par ailleurs, lancé un appel aux agents d'élevage, afin qu'ils s'impliquent davantage dans le recensement et l'identification du cheptel. Le chef de l'Etat qui s'est félicité de la qualité de l'accueil et de l'animation, présentés dans la pure tradition sérère, a mis l'accent, à Koung Koung, sur l'importance du secteur de l'élevage. Selon le chef de l'Etat, point n'est besoin de démontrer le rôle, du reste riche et varié, que le cheptel joue dans l'économie, surtout dans une zone d'élevage de référence située au coeur du Saloum, à la croisée des chemins entre le Sine, le Rip et le Ndoucoumane.
En effet, l'élevage, selon toujours Macky Sall, représente plus de 7 % du Produit intérieur brut (Pib) et mobilise plusieurs milliers de famille. A ce titre, souligne-t-il, il est indispensable d'assurer la protection du cheptel contre les maladies, en menant des actes médicaux pour préserver ce riche patrimoine. Le chef de l'Etat a saisi cette occasion pour rendre un grand hommage au ministre de l'Elevage, Aminata Mbengue Ndiaye pour son engagement et son abnégation, mais également aux vaillants agents d'élevage, au pouvoir public et aux partenaires engagés dans l'éradication des maladies telles que la peste équine qui demeure redoutable.
Le président de la République qui s'est ensuite appesanti sur ses ambitions de développement de l'élevage et en général de l'agriculture, base de sa politique, a déclaré qu'il a instruit, dans ce sens, le ministre de l'Elevage de mettre en place un programme de modernisation de l'élevage, d'amélioration de la santé animale, de la consolidation des infrastructures et des équipements pastoraux, etc.
Il a aussi insisté sur la nécessité d'ériger une nouvelle stratégie de développement avec comme finalité, une couverture optimale du territoire nationale en santé animale. Le second axe stratégique demeure la continuité de la chaine de froid et la construction de parcs de vaccination, réclamés par les éleveurs dans leurs interventions. Il y a également la prise de conscience des éleveurs par rapport au contrôle des maladies, a souligné Macky Sall. Il a ajouté que ce sont ces quatre préoccupations qui justifient son déplacement à Koung Koung Sérère.
« Le défi est à notre portée, a-t-il dit, avant d'appeler les services déconcentrés de l'Etat à favoriser la rationalisation et à mutualiser les moyens humains et matériels pour une plus grande mobilité autour des maladies de l'animal.
Pour le chef de l'Etat, mieux vaut prévenir que guérir, d'autant plus, souligne-t-il, « la santé des populations reste tributaire de celle du cheptel que nous consommons ».
Le président Sall a, enfin, remercié et salué les performances hautement appréciées dans le processus, de l'Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), de l'école inter Etats de médecine vétérinaire et des syndicats pour leur accompagnement.
Par Mamadou Cisse
Le Soleil/13/02/2013