AfriqueJet Actualités

Actualité & informations - Actualités Africaines

Sam08232014

Last updateSam, 23 Aoû 2014 11am

Articles

Conséquences financières de la fraude en Tunisie

La Tunisie perd plus de 500 millions de dinars par an à cause de la fraude - La Tunisie perd chaque année 500 millions de dinars tunisiens à cause du non paiement des taxes sur les marchandises par les fraudeurs, révèle le directeur général des Douanes tunisiennes, Abdelrahmane al-Khachtan.

Le phénomène de la fraude suscite l'inquiétude de l'Union de l'industrie et du commerce et les détenteurs de capitaux, soucieux de préserver et de protéger les grossistes et les grands commerçants qui monopolisent les opérations de ravitaillements et d'exportations, ainsi que le fonctionnement du marché intérieur.

Les trafics et la fraude touchent tous les produits et marchandises comme le tabac, le carburant, les médicaments, le prêt-à-porter, les équipements électroménagers et les matériaux de construction.

Le trafic touche également la drogue et la fausse monnaie.

Plusieurs experts et hommes politiques en Tunisie estiment qu'il existe un lien solide entre le trafic et le terrorisme dans la mesure où le premier finance le second.

La Tunisie a connu, ces trois dernières années, une autre forme de trafic dangereux enregistré à la suite du 'Printemps arabe'.

Il s'agit du trafic des armes à travers ses frontières, qui rend encore plus difficile la tâche des autorités tunisiennes qui ont renforcé le déploiement des forces de sécurité et de l'armée pour contrer ce fléau.

De nombreuses tentatives d'introduction d'armes légères et moyennes en faveur des groupes extrémistes ont été enregistrées ces dernières années dans le pays.

Des affrontements entre les forces de l'armée tunisienne et des groupes armés se sont effectivement produits dans le pays, comme ceux enregistrés aux frontières avec l'Algérie et dans la banlieue de Tunis.

Sans doute, les organisations islamistes extrémistes ont largement bénéficié de l'insécurité qui a accompagné les révolutions anarchiques notées dans la région, marquées par l’arrivée des islamistes au pouvoir en Tunisie et en Libye.

Dans ces conditions, il est normal que des groupes hors-la-loi s’intéressent au trafic de la drogue, de devises et d'armes pour redynamiser leur commerce illicite.

Si le trafic des armes et de la drogue est prohibé et combattu au plan mondial, la fraude des marchandises, en revanche, est un phénomène mondial qui se fait entre les pays et la Tunisie n'est pas une exception dans ce domaine.

La fraude constitue une source de vie pour des dizaines de milliers de familles qui font présentement face à un chômage et à une crise économique de plus en plus importants et aigus.

Les fraudeurs trouvent dans ce commerce une solution à leurs problèmes, alors que les grands commerçants considèrent ce phénomène comme une concurrence déloyale contre leurs activités.

Des experts et observateurs avancent comme solution à ce fléau, l’instauration d’un dialogue sérieux entre les forces politiques et les populations habitant les zones frontalières, afin de régler les problèmes existentiels de ces populations qui vivent de la fraude, à telle enseigne qu'un douanier a qualifié la fraude de 'mal nécessaire'.

Les trafics en provenance d'Algérie vers la Tunisie concernent plusieurs produits comme le tabac, les hydrocarbures, les alcools de luxe dont la vente est destinée aux hôtels et la drogue.

De la Tunisie vers l'Algérie, ce sont surtout des produits alimentaires comme les légumes qui sont concernés par le trafic.

Le trafic noté de la Tunisie vers la Libye touche essentiellement les engrais chimiques, l'alcool et la drogue, alors que de la Libye vers la Tunisie, les trafiquants portent leur préférence sur les hydrocarbures, les équipements électroniques, les voitures et les armes.

De nombreux experts et observateurs expliquent le phénomène du trafic comme une conséquence de la mondialisation et du capitalisme sauvage qui font que les forces qui dominent le monde utilisent les frontières des pays du Sud pour écouler le contenu de leurs marchés par la création de réseaux de commerce parallèles.

C'est dans ce cadre que plusieurs colloques et ateliers ont été organisés l'année dernière en Tunisie, axés sur le phénomène du commerce parallèle et le trafic.

Plusieurs solutions ont été proposées par les participants dont l'intégration économique maghrébine, basée sur une étude scientifique des forces et faiblesses des pays du Maghreb dont l'objectif est de faire des zones frontalières la première force pour la construction d'une économie unie des Etats maghrébins.

Cette vision a rendu tout le monde conscient que la solution aux trafics n'est pas uniquement sécuritaire.

Pana 10/02/2014