Le ministre libyen des AE réaffirme la volonté de son pays de relever les défis sécuritaires - Le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Ahmed Abdelaziz, a réaffirmé ce mardi à Paris la détermination du gouvernement libyen dirigé par le Premier ministre Ali Zeidan de relever les défis sécuritaires posés par le contexte post-révolution.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, à l’issue de la conférence internationale organisée en soutien à l’Etat de droit en Libye, M. Abdelaziz a déclaré que la sécurité est une priorité absolue pour l’actuelle équipe dirigeante libyenne.
«En l’absence de sécurité, il n’y a pas de développement, pas de respect des droits de l’homme. C’est pourquoi, nous considérons la conférence qui vient de se tenir à Paris comme un événement important pour la Libye et pour la sous-région», a soutenu le chef de la diplomatie libyenne.
«Nous avons besoin de construire un front uni face aux tensions, face au terrorisme. La sécurité est entière, c’est un tout. La sécurité de la Libye, c’est aussi celle de la sous-région. Je puis vous assurer que le gouvernement libyen est capable de relever le défi en cette matière», a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie libyenne a par ailleurs vivement remercié les participants à la conférence de Paris sur le soutien à la construction de l’Etat de droit et de la justice pour les résultats auxquels ils sont parvenus et pour leur soutien à la révolution qui a conduit au changement de régime dans son pays.
«Le peuple libyen n’oubliera jamais ceux qui l’ont soutenu dans sa lutte héroïque pour le changement de régime ; il n’oubliera jamais ceux qui continuent de lui apporter leur soutien politique pour bâtir des institutions libres, solides et démocratiques », a encore dit M. Abdelaziz.
Après une journée de discussions, les participants à la conférence de Paris ont adopté un Plan de développement de la sécurité nationale et un Plan de développement de la justice et de l’Etat de droit qui seront mis en œuvre par le gouvernement libyen avec le soutien de la communauté internationale.
La délégation gouvernementale libyenne a présenté mardi à Paris une liste de six domaines prioritaires portant sur la coordination et l’architecture de la sécurité nationale, le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (DDR), le contrôle des armes et munitions, la sécurité et la gestion des frontières, la réforme et le développement du secteur de la défense, ainsi que la réforme et le développement du secteur de la police.
«Les partenaires internationaux de la Libye ont exprimé leur soutien politique, technique, et matériel au gouvernement libyen pour ses efforts visant à relever ces défis, en trouvant des solutions concernant la réforme du secteur de la sécurité et les opérations de sécurité», indique le document final de la conférence ministérielle de Paris.
Les représentants des Etats et organisations régionales à la conférence de Paris ont en outre réaffirmé leur engagement à soutenir Tripoli dans son action prioritaire de gestion des armes et munitions délibérément abandonnées par l’ancien régime.
« En ce qui concerne l’aide à la réforme et au développement, les partenaires internationaux ont exprimé leur soutien total à la Libye pour ses efforts visant à traiter les enjeux sécuritaires que rencontre le pays, ainsi qu’à mettre en place et à déployer des structures efficaces et responsables de défense et de police pour rétablir la paix et la stabilité dans l’ensemble du pays », insiste le relevé des conclusions de la rencontre de Paris.
La Conférence de Paris a par ailleurs félicité le gouvernement du Premier ministre Ali Zeidan pour les mesures et engagements déjà pris, en concertation avec ses voisins, pour lutter contre les problèmes de sécurité aux frontières du pays, aggravés par la crise malienne.
«Dans le prolongement du Plan d’action de Tripoli sur la coordination opérationnelle dans le domaine de la sécurité des frontières adopté par la Conférence ministérielle régionale tenue à Tripoli les 11 et 12 mars 2012, les partenaires internationaux se sont engagés à apporter leur soutien au gouvernement libyen et à ses voisins régionaux pour faire face à ces menaces», souligne le document approuvé par les ministres et représentants des organisations régionales.
Soulignant l’importance du système judiciaire, la délégation libyenne a indiqué à ses partenaires que ses priorités en la matière portaient sur l’indépendance, la coordination et la formation judiciaire, sur la révision des législations pertinentes, sur le renforcement des capacités en termes de parquet et d’enquêtes pénales, sur le renforcement de la coordination entre les systèmes de justice militaire et civil et sur la réforme du système pénitentiaire.
«Les participants se sont félicités de l’engagement pris par le gouvernement libyen de lutter contre toutes les violations des droits de l’homme qui se sont produites sous le régime précédent, ainsi que pendant et après le conflit armé», affirme la conférence de Paris.
Selon les ministres et représentants des organisations régionales, le soutien international vise à renforcer la mise en œuvre des normes internationales en matière des droits de l’homme et de l’état de droit, en particulier en ce qui concerne le traitement en détention, la légalité de la détention et le droit des accusés à bénéficier d’un procès rapide et équitable.
Co-organisée par la France et la Libye en soutien à la construction de l’Etat de droit et de la justice en Libye, la conférence de Paris a été un succès autant par ses résultats que par la qualité de la participation.
Pana 13/02/2013