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Sam04192014

Last updateSam, 19 Avr 2014 5pm

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Mali: Touaregs et Peuls s’entretuent

Une trentaine de civils touaregs, dont deux femmes, ont été froidement exécutés jeudi 6 février au retour du marché, à Tamakoutat, dans le cercle d’Ansongo, région de Gao.

Les assaillants sont des Peuls, soupçonnés d’être à la solde du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), l’un des groupes qui avaient occupé le Nord du Mali en 2012. Depuis jeudi, en représailles à ce massacre, les Touaregs sont en train de pourchasser les Peuls vers la frontière nigérienne. Jusqu’à présent les combats font rage entre les belligérants et on dénombre plusieurs morts et de nombreux blessés de part et d’autre.

Au moins 30 Touaregs civils dont deux femmes de retour d’un marché ont été tués et plusieurs blessés le jeudi par des peulhs entre Ansongo et Kamakoutat au nord du Mali. Une douzaine de Peuls armés ont froidement abattu une trentaine de (marchands) forains touaregs à bord de deux véhicules dont l’un a été brûlé et l’autre emporté par les assaillants.

Le même jour et dans le même secteur, un groupe d’assaillants peuls a braqué un troisième véhicule de transport, enlevé puis abattu les hommes d’un campement nomade, c’est-à-dire des Touaregs. Les forains tués revenaient d’un marché à bord de deux véhicules, qui ont été arrêtés et tués par des Peuls armés.

Selon un habitant de cette localité, des Peuls armés, pour se venger de la mort de trois des leurs tués par des Touaregs, dimanche 2 février, ont attaqué jeudi ces Touaregs, faisant une trentaine de morts et plusieurs blessés parmi ces derniers.

Le vendredi, en début d’après-midi, des combats ont éclaté à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Niger entre les deux communautés. Au moins trois personnes ont été tuées. Jusqu’à présent les combats font rage entre les belligérants, on dénombre plusieurs morts de part et d’autre et de nombreux blessés.

A la suite de ces actes terroristes, une délégation ministérielle conduite par le ministre de la Sécurité, le général de division Sada Samaké, s’est rendue à Gao le vendredi pour s’enquérir des circonstances du drame. Le gouvernement a dénoncé des actes terroristes et s’est engagé à faire toute la lumière sur ces assassinats et à traduire les présumés auteurs devant la justice.

Suspects appréhendés

Dans un communiqué, la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a fait état de graves incidents survenus jeudi aux alentours de Tamakoutat et d’affrontements intercommunautaires.

Des casques bleus se sont immédiatement rendus sur place pour constater le lourd bilan des affrontements intercommunautaires faisant état d’une trentaine de morts et quatre blessés, dont un sérieux. Les blessés ont été transportés à l’hôpital de Gao. Plusieurs suspects ont été appréhendés par les forces de sécurité maliennes.

Les membres des communautés touareg et peul s’accusent mutuellement de vols de bétails et d’organiser des braquages dans les communes reculées du Nord.

Déjà tendues, les relations entre les Touareg, minoritaires du Nord du Mali, et d’autres communautés de la région, comme les Peuls et les Songhaïs, se sont encore dégradées depuis le lancement début 2012 d’une rébellion touareg, en alliance avec des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Cette rébellion a abouti à l’occupation du Nord pendant neuf mois par les groupes jihadistes qui y ont commis de nombreuses exactions au nom de la charia (loi islamique), marquée notamment par des lapidations et des amputations en public, ainsi que par la destruction de mausolées de saints musulmans et de milliers de manuscrits à Tombouctou (Nord-ouest).

Une intervention armée internationale initiée par la France en janvier 2013 a mis fin à cette occupation, mais des éléments jihadistes continuent de sévir à intervalles réguliers.
Touareg et Arabes du Nord du Mali sont souvent assimilés par les autres communautés aux rebelles et aux islamistes armés, exacerbant ainsi les tensions. Un coup dur pour la réconciliation après la grave crise qui a déchiré le tissu social du pays.

Abdoulaye Diakité

L'Indicateur du Renouveau du 10 Février 2014