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Centrafrique: Des centaines de personnes en fuite

Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a déclaré, samedi, que la violence en Centrafrique a provoqué le déplacement des milliers de personnes qui continuent d'affluer vers des pays voisins.

La porte-parole du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Mme Fatoumata Lejeune-Kaba, a soutenu qu'environ 9000 personnes dont la plupart sont des Centrafricains, des ressortissants du Tchad, du Cameroun, du Nigeria et du Mali, auraient fui la Centrafrique pour se réfugier au Cameroun voisin.

'Cela porte à 20000, le nombre de Centrafricains réfugiés au Cameroun depuis le début des affrontements', a dit Mme Lejeune-Kaba, ajoutant que ces nouvelles vagues de départ sont dues aux confrontations en cours entre les ex-Séléka et les miliciens anti-Balaka, dans la capitale Bangui.

La majorité des réfugiés qui sont de confessions musulmanes, ont justifié leur départ pour sauver leur vie parce que accusés d'être de collusion avec les Sélékas, un groupe en majorité musulmane.'D'autres ont fui par crainte de voir les miliciens anti-Balaka débarquer dans leurs localités', a-t-elle affirmé.

Selon des statistiques, des milliers de personnes auraient été tuées en Centrafrique et 2,2 millions de personnes, environ la moitié de la population, sont en besoin d'aide humanitaire, dans un conflit qui a éclaté après que les Sélékas, un groupe en majorité musulmane, ont chassé du pouvoir, l'ex-président Bozizé, en décembre 2012.

La crise depuis lors, a pris un caractère sectaire et religieux avec la constitution de milices chrétiens anti-Balaka qui ont pris les armes pour se venger, faisant des millions de déplacés dont 1 million d'enfants.

Pendant ce temps, la Cour pénale internationale (CPI) a prévenu qu'elle va ouvrir des enquêtes sur des accusations de crimes de guerre dans le conflit inter-confessionnel sanglant en cours.

A cet effet, la procureur de la CPI , Mme Fatou Bensouda a informé de l'ouverture d'une enquête sur la situation en Centrafrique après avoir reçu des rapports détaillés sur des actes d'extrêmes brutalités et des accusations graves de crimes qu'auraient perpétré différents  groupes.

'Au cours des derniers mois, j'ai émis des déclarations publiques exhortant les parties en conflit à cesser immédiatement, les actes de violence, en les mettant en garde que les personnes tenues pour responsables de crimes odieux relevant de la compétence de la Cour pénale internationale, seront traduites en justice de manière individuelle', a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Soulignant que la situation des civils en Centrafrique s'est empirée depuis le mois de septembre 2012, le communiqué fait remarquer que les informations reçues par rapport à ces accusations de crime et de la profonde souffrance humaine qui les accompagnent, sont  'totalement inquiétantes'.

Selon Bensouda, les accusations font état de centaines de meurtres commis sur la base de leur appartenance religieuse, des actes de viol, des destructions de propriétés, des pillages, des tortures, des déplacements forcés et des recrutements d'enfants pour des fins militaires.

A la lumière de toutes ces accusations, Mme Bensouda a indiqué que les efforts supplémentaires de la CPI consisteront à réunir et à analyser toutes les informations nécessaires pour déterminer s'il faut poursuivre, les investigations dans cette affaire.

'La CPI va travailler dans ce sens avec l'Union africaine et les organismes représentant l'ONU en Centrafrique', a-t-elle ajouté.

Mme Bensouda a dit, par ailleurs, que conformément au principe de complémentarité, la CPI compte saisir les autorités centrafricaines en vue de chercher les voies et moyens pouvant permettre d'amener au niveau des juridictions nationales, les personnes accusées de crimes.

Pana 09/02/2014