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Afrique: Stratégies pour réduire la mortalité maternelle

L'Afrique invitée à intensifier ses stratégies pour réduire la mortalité maternelle - La sixième conférence africaine sur la santé et les droits sexuels a pris fin vendredi à Yaoundé, la capitale camerounaise, en recommandant, entre autres, aux pays africains d'intensifier leurs stratégies pour réduire la mortalité maternelle.

Selon la conférence, les pays africains doivent développer une nouvelle approche qui aidera à réduire le fléau de la mortalité maternelle à travers des allocations de ressources adéquates, des plaidoyers, la recherche, le renforcement des capacités et l'accès, aussi bien à la santé sexuelle que reproductive.

La conférence, qui s'était ouverte lundi sur le thème:' Éliminer la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles; et droits à la santé sexuelle et reproductive en Afrique', a réuni plus de 500 participants venus d'Afrique et d'autres régions du monde.

En effectuant un rapide survol de la mortalité maternelle en Afrique, les participants ont observé des efforts dans bien des pays africains pour sa réduction, mais en dépit des financements venant des agences de donation internationales, le continent reste toujours vulnérable.

Ils ont indiqué que la mortalité maternelle était un défi auquel l'Afrique doit faire face, mais la volonté politique n'est pas assez affirmée et on enregistre des décès évitables dans beaucoup de cas, si seulement l'accès aux soins de santé était amélioré.

Les femmes enceintes ont besoin d'un accouchement sans risque, mais en ce moment, au Ghana par exemple, plus de 30 pc des femmes donnent naissance sans assistance ou avec l'aide d'une voisine.

Au moins une femme ghanéenne sur quatre a un besoin non satisfait en matière de planning familial.

Les participants ont également noté que la bonne santé des mères était incontournable pour atteindre les autres Objectifs de développement.

L'Objectif N°5 de développement du millénaire, qui appelle à la réduction de la mortalité maternelle au ratio de 75 pc et un accès universel aux services de reproduction en l'an 2025, montre ses plus lents progrès au Ghana et dans d'autres pays comme le Nigeria et la Sierra-Leone.

Investir dans la santé de la reproduction, c'est investir dans le futur de la femme et de sa famille, aussi bien dans la productivité économique et la stabilité de la nation à long terme.

Aller à la rencontre des besoins essentiels des femmes fera baisser le taux de mortalité maternelle, la prévention des grossesse non désirées étant l'un des chemins les plus effectifs pour prévenir les décès à la suite d'accouchements, ont-ils déclaré.

'En 2001, les dirigeants africains ont promis d'allouer au moins 15 pc de leurs budgets nationaux à la santé. Mais plus de dix années après, beaucoup de pays n'ont pas encore atteint cet objectif. Même mon pays le Cameroun n'a pas tenu la promesse. S'ils avaient alloué plus de ressources utilisées de manière judicieuse, nous serions déjà loin dans ce domaine,' a indiqué le Dr; William Takay.

Il a constaté que son pays n'avait pas fait beaucoup de progrès dans la réduction de la mortalité maternelle à cause de la rigueur de la politique économique appliquée avec le Programme d'ajustement structurel qui a conduit à la réduction radicale des salaires des fonctionnaires, des financements dans le domaine de la santé et la fermeture de toutes les écoles de sages-femmes.

Cependant, inquiet des développements pris par le fléau des mortalités maternelles, le gouvernement camerounais a commencé à mettre en oeuvre des programmes qui comprennent notamment une mobilisation des finances, la surveillance et l'évaluation, le renforcement des capacités, la communication et la sensibilisation sexuelle des populations.

Le directeur des services techniques du Conseil national du planning familial du Zimbabwe, le Dr. Edmore Munongo, a indiqué qu'une croissance régulière dans l'utilisation des préservatifs passée de 35 pc en 1984 à 60 pc en 2006, a été enregistrée à cause de ces différents programmes d'éveil.

'Nous avons toujours des besoins insatisfaits au niveau du planning familial sur une moyenne régionale évaluée à 13 pc. Nous avons encore des difficultés à atteindre certaines zones et il y a des questions culturelles et religieuses auxquelles il faut faire face. La connaissance du planning familial et des contraceptifs est élevée maintenant, nous avons reçu des soutiens notables de donateurs qui nous ont permis d'intensifier les informations sur la santé sexuelle et reproductive', a-t-il ajouté.

Le Dr. Patrick Aboagye des services de santé du Ghana a indiqué que dans son pays les questions de santé maternelle sont plus considérées comme des problèmes de développement, insistant sur le fait qu'il a été donné plus de priorité aux questions de gouvernance et de responsabilité, avec la donation de 10 pc de leurs salaires par les autorités gouvernementales pour aider à réduire la mortalité maternelle.

Pour sa part, le Pr. Friday Okonofua de la Fondation Ford à Lagos a insisté sur le besoin de plus de recherches sur l'état de la sexualité des Africains par des Africains, en indiquant qu'il existe un énorme déficit de connaissance sur le continent qui exige une intervention rapide.

Selon lui, 'les publications et les recherches effectuées par les africains sont en nombre limité. La plupart de nos connaissances sur la sexualité en Afrique nous viennent de l'extérieur, de ce fait, nous ne comptons que sur ce que les organisations de recherches internationales font.

Mais elles manquent d'une connaissance profonde de l'Afrique. Nous avons besoin de nous embarquer dans le renforcement des capacités, nous avons besoin d'institutions qui s'investissent sur ce que nous ignorons. Nous avons besoin d'une intégration systématique des études universitaires et post-universitaires pour avoir des données fiables'. 

En outre, les participants ont également suggéré le besoin d'intensifier l'utilisation d'accoucheuses qualifiées et compétentes et une attention sur la qualité des contraceptifs importés en Afrique, du fait que la plupart de ces produits sont en dessous des normes internationales.

Pana 09/02/2014