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La nouvelle Constitution célébrée en Tunisie

Célébration en grande pompe de la nouvelle Constitution - Considérée comme étant 'la plus progressiste du monde arabe', la nouvelle Constitution tunisienne a été célébrée vendredi en grande pompe en présence de plusieurs chefs d’Etat venus d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient, ainsi que hautes personnalités gouvernementales et parlementaires.

Adopté trois ans après la chute d’un régime dictatorial par le pays qui a déclenché le 'printemps arabe', le texte fondamental consacre les droits et libertés, conformément aux critères universels et le caractère civil de l’Etat, garantit la liberté de conscience et de l’exercice du culte et l’égalité entre les sexes, des dispositions qui, selon l’expert en droit constitutionnel Ghazi Ghrairi, 'n’ont pas d’équivalent' dans la région.

Premier partenaire de la Tunisie, la France est le seul pays européen à être représentée par son chef d'Etat, François Hollande. En plus des liens économiques, culturels et historiques – la Tunisie a été pendant 75 ans un protectorat français – le président François Hollande a tenu à faire le déplacement à Tunis pour marquer une volonté de dissiper la zone d’ombre qui a plané sur les relations entre les deux pays en raison du soutien apporté par la France sous le régime de Droite de l’ancien président Nicolas Sarkozy.

Le gouvernement des Etats-Unis était représenté par le secrétaire d'Etat adjoint des Affaires maghrébines, William Roebuck.

L’Afrique est présente en force avec pas moins de six présidents: le Mauritanien Mohamed Ouled Abdelaziz, le Tchadien Idriss Deby Etno, le Sénégalais Macky Sall, le Malien Ibrahim Boubacar Keita, le Gabonais Ali Bango Ondimba et le Guinéen Alpha Condé.

Partenaires maghrébins de la Tunisie, la Libye est représentée par le président du Congrès général Nouri Bousahmin, le Maroc par le prince Moulay Rachid et l’Algérie par son Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

Parmi les pays du Moyen-Orient, un seul président a répondu à l’invitation, celui du Liban Michel Sleiman, tandis que d’autres sont représentés à un niveau inférieur, le Koweït par le président du conseil des ministres, l'émir Cheikh Jaber Moubarak Al-Ahmad Al Sabah et le Qatar par cheikh Jassem Ben Hamad Al Thani, représentant de l'émir.

Aucune mention de l’Egypte dont les relations avec la Tunisie sont tendues depuis la déclaration faite à l’ONU par le président tunisien Moncef Marzouki appelant à la libération du président déchu Mohamed Morsi et des dirigeants islamistes, une attitude considérée par Le Caire comme 'une ingérence dans les affaires intérieures' égyptiennes.

L’Arabie Saoudite, qui a donné refuge à l’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et les Emirats Arabes Unis  sont également aux abonnés absents, ne voyant pas d’un bon œil le changement (la révolution) survenu en Tunisie.

Un dispositif sécuritaire exceptionnel a été déployé pour la circonstance autour de l’aéroport international de Tunis-Carthage, du bâtiment de l’Assemblée nationale constituante (ANC) où doit se dérouler la cérémonie ainsi qu'aux alentours du palais présidentiel de Carthage, dans la banlieue de Tunis et dans les hôtels.

Ces derniers jours, une opération de grande envergure a été menée par les forces de sécurité tunisiennes à Raoued, non loin de Carthage, qui a abouti à l’élimination de sept 'dangereux terroristes' dont le tueur présumé de l’opposant Chokri Belaïd, Kamel Gadhgadhi.

La célébration coïncidait du reste avec la commémoration du premier anniversaire de l'assassinat de cet opposant. Plusieurs manifestations ont eu lieu à cette occasion au cours desquelles la famille du défunt, les militants de son parti, le WATAD et la Société civile ont réclamé 'toute la vérité' sur ce meurtre dont le dossier ne doit pas être clos avec la disparition du premier suspect, plaide sa veuve, Basma.

Déplorant 'la lenteur et les défaillances' enregistrées en Tunisie, un des avocats chargés de l'affaire, Anouar Bassi, a annoncé jeudi qu'une plainte avait été déposée devant la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples. Le collectif de défense projette en outre de demander au Conseil de l'ONU des droits de l'Homme de désigner un rapporteur spécial pour enquêter sur ce meurtre.

Pana 08/02/2014