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Marché automobile : une place de choix pour le Maroc

Libéralisation commerciale au Maroc: Le Maroc se forge une place de choix sur le marché automobile. Portant sa part à 0,23% en 2012, le Royaume devance la Tunisie et l'Egypte.

La libéralisation commerciale adoptée par le Maroc n'a pas fait que des malheureux. Certes le déficit entre le Royaume et ses partenaires avec lesquels il a signé des accords de libre-échange avoisine les 200 milliards de dirhams, mais cette ouverture commerciale a permis l'émergence de nouveaux secteurs d'activité ayant un fort potentiel à l'export. C'est le cas, entre autres, du secteur automobile. Une stratégie à double tranchant mais qui peut à terme permettre d'atténuer le déficit commercial qui ne cesse d'augmenter ces dix dernières années.

D'après le département des statistiques des échanges extérieurs relevant de l'Office des changes, l'industrie automobile marocaine est passée à la vitesse supérieure et enregistre ces dernières années une performance remarquable. Ainsi, le Royaume a amélioré sa position concurrentielle sur le marché mondial de l'automobile, en s'accaparant une part de marché de 0,23% en 2012, dépassant celles de la Tunisie et de l'Egypte, selon une étude intitulée «L'industrie automobile au Maroc : performance à l'export».

Une performance réalisée à contre-courant par le Maroc. «Eu égard à la concurrence accrue sur le marché mondial de l'industrie automobile, les principaux pays concurrents africains et européens ont vu leurs parts de marché baisser en 2012 alors que le Maroc continue à améliorer sa position concurrentielle sur les marchés extérieurs», souligne ladite étude.

Ainsi on constate que ce secteur, qui table sur un trend haussier depuis quelques années, est passé à la vitesse supérieure sous l'effet accélérateur de l'implantation du complexe industriel de Renault à Tanger. A l'origine de cette accélération, l'effet d'entraînement réciproque entre la croissance de la demande interne et à l'export et celle de l'investissement productif.

Mais il dépend des marchés des principaux partenaires commerciaux du Maroc, à savoir la France et l'Espagne, qui interviennent en 2012, pour 67 % dans le total des échanges commerciaux réalisés avec l'étranger, précisent les auteurs de l'étude précitée.

En revanche, le solde commercial dégagé sur les transactions réalisées avec ces deux pays est resté positif ces quatre dernières années. En dehors des pays de l'Union européenne, l'Egypte devient en 2012 le premier pays africain importateur des biens de l'industrie automobile du Maroc, en raison notamment des ventes de voitures de tourisme de marque Dacia, produites au Maroc par l'usine Renault-Tanger.

Par contre, les transactions commerciales réalisées avec les Etats-Unis demeurent très faibles et génèrent des soldes largement déficitaires.

L'étude a relevé que le domaine de la construction automobile commence à générer des recettes à l'export très importantes, grâce aux investissements directs étrangers (IDE) réalisés dans ce segment qui ont atteint près de 3,9 milliards de dirhams (MMDH) répartis sur 2011 et 2012.

«En dehors des secteurs traditionnels, l'industrie automobile marocaine est considérée comme étant le secteur clé des nouveaux métiers mondiaux en termes de performances à l'export réalisées ces cinq dernières années», a fait savoir l'étude.

Cette performance est attribuable notamment aux IDE destinés à ce secteur, qui sont passés de 913 millions de DH en 2010 à 3,6 milliards de DH en 2012.

L'année 2012 reste également marquée par l'expansion des investissements étrangers dans ce secteur, en raison de l'implantation du site d'assemblage Renault à Tanger avec une capacité de production annuelle de 170.000 véhicules. A terme, la capacité passera à 400.000 unités par an.

Pour ce qui est des exportations de l'industrie automobile, elles sont passées de 12,7 MMDH en 2005 à 25,2 MMDH en 2012, avec un taux d'accroissement annuel moyen de 14,6%.

Cet accroissement est dû principalement à l'essor du segment de la construction automobile au Maroc grâce au démarrage de l'activité du complexe industriel de Renault-Tanger, qui a permis d'augmenter le volume d'exportation de véhicules à 89.712 unités, soit 7,3 MMDH en 2012 contre seulement 2,7 MMDH en 2011.

Outre son opportunité pour le commerce extérieur, ce secteur a permis également l'absorption de plus en plus de demandeurs d'emploi.

Rappelons qu'entre 2009 et 2011, l'emploi dans le secteur secondaire a été tiré principalement par les composants automobiles et le projet Renault. En effet, l'industrie automobile avait créé environ 31.500 emplois sur les 70.000 postes prévus à l'horizon 2015, soit une croissance annuelle de 32%, portant le nombre total des employés du secteur à 54.589 personnes.

Par Mohammed Taleb

Libération/05/02/2014