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Une marche pacifique de l'opposition reportée en Guinée

La «marche pacifique de protestation» de certains partis d’opposition prévue ce jeudi a été reportée à la semaine prochaine, a-t-on appris auprès de l’administration et des états-majors des formations politiques, initiatrices de la manifestation, interdite par les pouvoirs publics.


Le collectif des partis pour la finalisation de la transition, l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), le Club des républicains (CDR) assurent préférer reporter leur manifestation pour éviter un éventuel accrochage entre leurs militants et des jeunes, mobilisés par le pouvoir, au motif d’accueillir le président de la Fédération internationale du football association (FIFA), Sepp Blatter.

La marche dite «pacifique» est relative à une décision prise récemment par les partis membres de ces différents blocs qui entendent dénoncer «des pratiques frauduleuses» mises en place par le pouvoir, déterminé à convoquer les électeurs le 12 mai prochain dans la perspective des législatives.

Selon des sources bien informées, le report de la manifestation des partis d’opposition a été obtenu grâce à «l’implication totale et entière» du ministre des Droits de l’homme et des libertés publiques, Khalifa Gassama Diaby, qui a eu, mercredi, un tête-à tête avec Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition et président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

«Le ministre a fermement promis à l’opposition de veiller personnellement à ce qu’elle puisse tenir sa manifestation ultérieurement et en jouissant pleinement de tous ses droits consacrés par la loi guinéenne», a indiqué une source ayant participé à la rencontre entre les deux personnalités.

Dans une récente déclaration à la radio nationale, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Alassane Condé, avait indiqué que la demande de ces partis de manifester «était caduque» parce que n’ayant pas respecté les règlements en vigueur pour l’organisation des manifestations, prévue par la constitution.

A cet égard, le ministre avait demandé au gouverneur de Conakry, aux maires, aux chefs de quartier et à la gendarmerie de ne pas sévir, avertissant que «tout manquement de la loi sera sévèrement puni».

Il a ajouté que «rien ne pourra s’opposer» au respect du calendrier fixé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour la tenue des législatives, dénonçant des partis d’opposition de vouloir organiser la violence en lieu et place des élections qu’ils perdront à plate couture.

Les partis de la mouvance présidentielle, les associations de femmes et la société civile ont multiplié les appels exhortant le pouvoir et l’opposition à se mettre autour d’une table en vue de trouver des solutions à la crise et éviter la violence.

On rappelle que plusieurs manifestations dites «pacifiques» de ces différents blocs ont causé des dégâts matériels importants, provoqué des morts et des blessés parmi les militants et les forces de l’ordre.  

Pana 08/02/2013