Paris, France - La classe politique française a condamné unanimement l’assassinat mercredi à Tunis de l’opposant tunisien Chokri Belaïd, secrétaire général des partis des patriotes démocrates (PPD) de Tunisie.
Le président de la République, François Hollande, les responsables de deux principaux partis politiques, ainsi que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, ont exprimé respectivement dans des communiqués leur tristesse, à la suite de ce meurtre.
François Hollande a condamné avec « la plus grande fermeté » l’assassinat de M. Belaïd en indiquant que « ce meurtre prive la Tunisie d’une de ses voix les plus courageuses et les plus libres'.
« La France est préoccupée par la montée des violences politiques en Tunisie et appelle au respect des idéaux portés par le peuple tunisien lors de sa révolution », a affirmé le président Hollande dans un communiqué de presse.
Le Parti socialiste français (PS), parti majoritaire au pouvoir, a exprimé sa « consternation » et a souhaité que toute la lumière soit faite rapidement sur ce crime d'une extrême gravité qui emporte un élu de l’opposition tunisienne.
« Le Parti socialiste constate avec inquiétude que la sécurité en Tunisie ne s’améliore pas, et il regrette les intimidations récurrentes ainsi que la tension persistante entre les différentes forces politiques », ont souligné Jean-Christophe Cambadélis, Secrétaire national du PS à l’Europe et à l’international, et Pouria Amirshahi, Secrétaire national aux transitions démocratiques et à la Francophonie.
Jean-François Copé, président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), parti de l’opposition, a exprimé « son horreur et sa consternation » et a déclaré que sont parti « apporte tout son soutien aux forces démocrates de l’opposition tunisienne qui luttent pour une société moderne et démocratique, quel que soit leur positionnement politique. »
« Depuis des mois, les signaux provenant de Tunisie sont extrêmement préoccupants : assassinat de Lotfi Naghd, coordinateur de Nida Tounes à Tataouine, destructions de mausolées, mesures d’intimidations à l’égard des figures de l’opposition, exactions des « ligues de protection de la révolution ». Tout cela n’est en rien conforme à l’image de la Tunisie et à son passé », a déploré le président de l’UMP.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoé, pour sa part, a condamné « avec la plus grande fermeté » l’assassinat de Chokri Belaïd, et a appelé l’ensemble des Tunisiens à opposer l’esprit de responsabilité à toute forme de violence politique.
M. Delanoë, a formulé le vœu que ces violences, qui menacent directement les acquis de la révolution de janvier 2011, soient traitées avec la plus grande fermeté par les autorités, tout en souhaitant que l’ensemble des forces politiques qui animent la vie publique en Tunisie se fassent les garantes d’un dialogue démocratique ouvert et pacifique.
Né en novembre 1964 dans l'un des quartiers les plus pauvres du sud de Tunis, Chokri Belaïd est un avocat défenseur des droits de l’homme, virulent critique du pouvoir tunisien dominé par les islamistes.
Le coordinateur du PPD, farouche opposant aux islamistes au pouvoir et un militant de tendance marxiste et pan-arabe, a été assassiné mercredi matin dans la capitale tunisienne, alors qu’il sortait de son domicile.
Pana 08/02/2013