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Maroc: La grogne monte contre le gouvernement Benkirane

Grèves et sit-in en série - La politique du gouvernement Benkirane ne cesse d'exaspérer tout le monde. Le nombre croissant de grèves dans tous les secteurs ne peut s'expliquer que par l'ire provoquée par les décisions prises par l'Exécutif depuis son investiture en 2012.

En effet, les nouveaux enseignants ont observé, hier, une grève nationale pour protester contre le fait qu'ils n'aient pas perçu leurs salaires des mois de juillet et août derniers. Les protestataires exigent que le gouvernement leur octroie leurs numéros de somme et qu'il prenne compte de l'année de formation dans le calcul de leur ancienneté.

Le Conseil national de la Fédération nationale des travailleurs de la CNSS affilié à l'UMT a décidé, pour sa part, de mener une grève de 48 heures les 5 et 6 du mois courant «après avoir épuisé toutes les voies du dialogue et la persistance de l'administration générale dans ses positions négatives», a indiqué un communiqué de presse de cette fédération. Laquelle déplore, entre autres, les tergiversations de l'administration générale dans la mise en application des accords signés, le gel de la convention collective et la volonté de leur « imposer une retraite complémentaire maigre qui ne rend pas justice à une large couche des fonctionnaires lésés ».

L'Union syndicale des fonctionnaires (USF), a pour sa part décidé d'observer une grève, ce jeudi 6 février, dans les départements ministériels, les collectivités locales et les établissements à caractère administratif. L'USF organisera, le même jour, une marche à Rabat qui prendra son départ de Bab El Had à partir de 10 heures du matin.

La politique du gouvernement de Benkirane a également irrité à l'excès les élèves qui ont entamé depuis la semaine dernière un mouvement de protestation, notamment dans les villes de Tanger et Casablanca, contre le programme «Massar» élaboré par l'ancien ministre de l'Education nationale, Mohamed El Ouafa.

Ce système informatique, rappelle-t-on, devrait «permettre aux parents, via les portails électroniques des établissements scolaires, de connaître les dates des contrôles continus, de s'informer sur les emplois du temps de leurs enfants, d'obtenir leurs résultats scolaires et de suivre leur apprentissage », selon une note d'information publiée sur le portail du ministère de l'Education nationale.A noter que l'Exécutif a préparé récemment, en catimini et sans concertation avec les centrales syndicales en tant que principaux partenaires, un projet de loi organique sur la grève. Ce projet qui a été publié par certains médias, avait pour objectif de limiter le recours à la grève en infligeant de lourdes peines aux grévistes. Ce qui a poussé les centrales syndicales à le qualifier de projet de loi « liberticide » et le gouvernement, par le biais de son porte-parole, à faire marche arrière.

Dans un communiqué lu à l'issue du dernier Conseil de gouvernement, le ministre de la Communication a, en effet, indiqué que le ministère de l'Emploi et des Affaires sociales a, certes, préparé un «projet de plan d'action préliminaire en tant que document interne qui a été soumis au chef du gouvernement pour concertation sur ses principes généraux», mais que «ce document n'a fait l'objet jusqu'ici d'aucune réunion ou d'examen avec les autres instances gouvernementales concernées».

Par Mourad Tabet

Libération/04/02/2014