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France: 27.000 sans-papiers expulsés de France en 2013

Immigration en France - En place depuis 19 mois, Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur français, a tenu, vendredi, sa première conférence de presse sur l'immigration. 27.000 sans-papiers ont été expulsés de France en 2013. Un pays où les immigrés sont estimés à 5,5 millions d'âmes.

En 2013, 27.000 sans-papiers ont été expulsés du territoire français. Ce qui représente une baisse de 9.000 expulsions par rapport à 2012. En revanche, les régularisations sont de 46.000, soit une hausse de 10. 000 titres de séjour délivrés en comparaison avec l'année dernière. Le nombre des naturalisations est reparti en hausse, conformément au souhait de Manuel Valls. Ainsi, après plus d'un an et demi de pouvoir socialiste, 52.000 étrangers ont obtenu la nationalité sur dossier (plus de 6.000 comparé à 2012). Dans le détail, Manuel Valls, toujours prompt à communiquer sur ses « bons chiffres » de la sécurité fait preuve d'une laconique discrétion sur les régularisations de sans-papiers. C'est un contraste marquant d'autant plus que le ministre de l'Intérieur français a mis en place une circulaire en octobre 2012 permettant la régularisation à tout étranger établi en France pendant 5 ans de manière ininterrompue et dont les enfants sont scolarisés depuis 3 ans.

Au lieu d'une auto-satisfaction, M. Valls montre une grande discrétion sur le chiffre en hausse des régularisations depuis son arrivée à la place Beauvau. La radicalisation supplémentaire de l'opinion française sur le sujet n'est pas étrangère à cette communication minimaliste. Avec la crise économique et la hausse du chômage dont la courbe n'a pas été inversée en 2013, contrairement à la promesse du président Hollande, les lampions d'une « droitisation » de l'opinion publique française gagnent en clarté. La communication ministérielle a préféré mettre l'accent sur les aspects répressifs de sa politique à la place de ceux plus humanistes. Le ministre français le plus populaire veut sans doute montrer que la gauche n'est pas laxiste sur l'immigration contrairement au régime de Sarkozy. 6.000 retours aidés.

Ainsi, Manuel Valls évoque la majorité précédente qui de 2006 à 2011, « a affiché une hausse factice de 50 % des éloignements... La seule chose qui a augmenté pendant cette période, ce sont les retours aidés ». Depuis février 2013, l'aide au retour pour tout départ volontaire d'étranger en situation irrégulière pouvait atteindre un maximum de 7.000 euros. Ces retours aidés sont de 6.000 parmi lesquels il faut inclure 5.500 « départs spontanés ». Sous l'expression se cache la situation d'étranger en situation irrégulière préférant quitter la France de lui-même après l'expiration de son visa. C'est le cas de nombreux étudiants sénégalais victimes des effets pervers de la circulaire Guéant qui limitait leurs possibilités de rester et de travailler en France à la fin de leurs études.

La circulaire a été abrogée le 31 mai 2012, mais beaucoup d'étudiants étrangers ont eu à subir ses effets en retard bien après son abrogation. Depuis son arrivée au pouvoir, la majorité présidentielle sous Hollande essaie de gommer les dégâts posés par la politique de leurs prédécesseurs pour les étudiants étrangers. Ainsi, on peut mieux comprendre la mise en place de loi permettant de donner plus d'attractivité aux universités françaises. C'est donc sans grande surprise que le nombre de titres de séjour pour étudiants étrangers calculé à hauteur de 58.000 en 2013 est reparti à la hausse (près de 8 % de plus que 2012).

La combinaison de tous ces aspects font dire au ministre Valls qu'il y a seulement 15.469 « vrais éloignements », c'est-à-dire sous la contrainte. Seuls 4.676 ont donc été renvoyés sous la contrainte vers un pays non européen y compris africains. Selon Manuel Valls, ce chiffre, le plus significatif de la lutte contre l'immigration irrégulière, est en hausse après deux années historiquement basses (4.000 en 2011 et 4.152 en 2012).

Par Moussa Diop

Le Soleil/03/02/2014