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Last updateSam, 25 Oct 2014 8pm

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Sécurité au Mali: Que va-t-on céder aux rebelles ?

Sécurité - Difficile de savoir ce que les autorités vont accorder aux groupes rebelles du nord du Mali qui ont accepté de renoncer au terrorisme sous la pression internationale. Mais le gouvernement a-t-il d’autres alternatives que d’offrir des avantages politiques et autres privilèges, même si les bénéficiaires ne sont que des gens ayant pris des armes contre la patrie? Tout semble indiquer que c’est ce qui est en marche, eu égard à de nombreuses initiatives internationales appelant à une reprise des négociations.

A coup sûr, la réinsertion socio-économique des combattants sera accordée aux groupes armés du nord. Il y a déjà un cadre juridique pour cela, à savoir l’accord préliminaire de Ouaga. De l’argent, il y en aura aussi, notamment les milliards promis par les donateurs internationaux. Mais la réinsertion des combattants se heurte à un problème.

Pour l’armée malienne, il est hors de question que ceux qui ont trahis la patrie, en désertant les rangs, servent de nouveau sous le drapeau national. Hors, une bonne partie des groupes armés est issue d’éléments qui avaient été intégrés dans l’armée nationale après de précédents accords de paix signés pour mettre fin à des insurrections antérieures.

Autre problème: dès le début du conflit, les groupes armés ont placé la barre haut en s’accrochant à l’idée d’autonomie. Pour IBK, il est hors de question de parler de cette revendication, balayant d’un revers de la main le postulat selon lequel les Touaregs ont droit à un Etat sur une zone où ils sont d’ailleurs minoritaires.

Depuis, tout le Mali est suspendu aux caprices d’un groupe marginal: le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Ce mouvement dit laïque est d’abord parti d’un prétexte fallacieux pour faire la guerre. Les discours de ses responsables tapis à Paris, Nouackchott ou Ouaga ont longtemps décrit une armée malienne de soudards «touarégophobes» faisant des misères aux nomades depuis l’accession du pays à l’indépendance en 1960.

En réalité, le Mnla est devenu le cheval de Troie des djihadistes. Si son objectif était de priver le Mali du soutien occidental, cela a bien marché au début du conflit en 2011. Et ça marchait encore au moment de l’intervention française, un évènement fêté par la rue de Bamako.

La prétendue haine contre les «yeux bleus» a si bien fait sensation qu’une certaine Beyala, un auteur se prenant pour Zola, écrivait au sujet des Touaregs: «ce peuple souffre beaucoup au Mali ». Mais l’écrivaine noire de France ne savait pas que chez ce peuple qui souffre au Mali il y a des gens qui possèdent des esclaves noirs au 21è siècle.

Les négociations qui vont s’ouvrir bientôt devront résoudre ce problème social qui cache un drame potentiel du genre sud-soudanais en cas d’autonomie même pour la région de Kidal. A force de mettre en avant le seul groupe Touareg, les antagonismes se sont exacerbés entre ces derniers et les ethnies Sonrhaï, Peuls, et Arabes.

Contre la demande d’autonomie, IBK veut une décentralisation poussée, se proposant de corriger les erreurs de l’expérience que le pays a vécue jusqu’ici en la matière. Encore faudra-t-il que les collectivités parviennent à mieux gérer les ressources immenses qui leur seront transférées ainsi.

Quant à la communauté internationale n’empêchera pas les autorités maliennes de gérer la crise au nord selon l’agenda du nouveau président. Et tout ce qui sera cédé aux rebelles procèdera de la volonté du gouvernement. Ce dernier a déjà libéré en octobre passé des criminels de guerre et levé des mandats d’arrêt internationaux contre d’autres.

Soumaïla T. Diarra

L'aube du 3 Février 2014