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Jeu, Aoû

Crise énergétique et industrialisation en Afrique australe

Économie
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L’agenda d’intégration de la SADC menacée par la crise énergétique de l’Afrique australe - La stratégie d’industrialisation de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) est menacée par les conséquences de la crise énergétique qui touche l’Afrique australe, qui, par la même occasion, remet en cause l’agenda d’intégration économique de la SADC en influençant la feuille de route d’industrialisation de la région.

Une réunion de deux jours du Comité sur la crise énergétique en Afrique australe se tient au Malawi à Lilongwe et se termine mardi. Le bureau sous-régional d’Afrique australe de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a initié cette réunion pour échanger sur le défi que représente la crise énergétique, se pencher sur diverses possibilités politiques et émettre des recommandations.

Lors de cette réunion, Kudakwashe Ndhlukula, consultant du Zimbabwé, a indiqué, à l’occasion d’une communication sur les « Perspectives du futur », que les délestages qui avaient lieu auraient comme conséquence une diminution de la production dans les secteurs utilisant l’électricité, en lien avec le fait que les groupes électrogènes étant utilisés par les entrepreneurs, les coûts d’exploitation explosent.

Fermetures d’entreprises, chômage, chute des investissements par peur de l’insécurité dans l’approvisionnement, réponse tardive aux problématiques d’accès à l’énergie, diminution des cotes de crédit font partie des pertes économiques dues à cette crise.

Comme il est dit : " la crise énergétique est une menace pour l'agenda commun de la SADC qui oriente l'agenda d'intégration régionale. La crise plombe également les objectifs de la feuille de route et la stratégie d'industrialisation de la SADC qui cherchent à renforcer la capacité de production, la productivité et la compétitivité des économies de la SADC ".

D’après les estimations, et selon Kudakwashe Ndhlukula, en Afrique du Sud, vingt jours de 10 heures de délestages par jour ont coûté 20 milliards de rands par mois à l'économie en 2015 (sachant qu’un rand équivaut à 0,064 dollar).

La crise énergétique a influé sur le taux de croissance du PIB annuel de l’Afrique du Sud. Or, ce dernier accuse une diminution de 3,2 % en 2011 à 1,5% en 2014.

Mais l’Afrique du Sud n’est pas le seul pays à avoir été touché. En effet, des pays comme le Botswana, la Namibie, le Swaziland, le Lesotho, qui dépendent de l’Afrique du Sud pour la majorité de leur approvisionnement en électricité ont, eux aussi, été touchés.

« L’augmentation des tarifs par l'Afrique du Sud affecte également les pays interconnectés. En Namibie, la NamPower, la société nationale d'électricité, a augmenté ses tarifs de 13,22 pour cent en 2014/15, propulsant le tarif à 1,17 dollar namibien le kwh, en invoquant une hausse des coûts d'exploitation des centrales thermiques », a constaté ce dernier (1 dollar namibien = 0,064 dollar).

La société nationale, au Swaziland, la SWERA, vient d’annoncer une augmentation sur plusieurs années de l’électricité s’élevant à 11,7% alors que les prix de l’électricité font déjà partie des plus élevés de la région.

En Zambie, les coupures d’électricité et la faiblesse du cours du cuivre alors que la production du cuivre fait du pays l’un des plus grands producteurs du monde, ont entraîné une chute exceptionnelle de la monnaie locale, le kwacha zambien.

Selon Kudakwashe Ndhlukula, « les délestages et la hausse des tarifs ont, à n'en pas douter, donné lieu à des fermetures d'entreprises et des pertes d'emplois et de revenus qui ont un impact négatif sur la vie de la population ». Toujours selon lui, les gouvernements, face à la crise énergétiques, ont dû explorer de nouvelles alternatives dans une région où l’industrie énergétique est un secteur traditionnellement fermé au secteur privé. Pour lui, la région doit se doter de cadres juridiques, d’une politique construite et de contrôles pouvant attirer les investisseurs privés.

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