Politique-Guinée - Moins d'une année après son élection, le président guinéen, Alpha Condé, est déjà à l'épreuve des bruits de botte. Un véritable baptême de feu pour un président démocratiquement élu d'un pays qui n'a visiblement pas encore réussi à exorciser les vieux démons des coups de force.
Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 juillet 2011 en effet, des corps habillés, ainsi qu'on les appelle trivialement, ont attaqué la résidence du chef de l'Etat à l'arme lourde. Heureusement, il y a eu plus de peur que de mal.
Le président est «sain et sauf» a indiqué un communiqué radiotélévisé de la présidence. Mais il n'y a pas moins lieu de s'inquiéter pour la très fragile démocratie guinéenne qui cherche toujours ses marques. Aussi surprenante que prévisible pour les observateurs avisés de la scène politique guinéenne, cette escalade de la violence constitue une sorte d'avertissement sans frais pour Alpha Condé et les siens.
C'est probablement le signe que les militaires, qui ont toujours imposé leur joug à ce pays, n'ont pas encore dit leur dernier mot. Les bisbilles que continue d'entretenir le président élu avec son rival, Cellou Dalein Diallo, ne sont pas de nature à favoriser la sérénité. Il ne faut surtout pas donner l'occasion aux têtes brûlées de ramener la Guinée dans le désordre de la loi du plus fort. Pour avoir hérité d'une armée désorganisée depuis plusieurs décennies, Alpha Condé se doit justement de ne pas apporter de l'eau au moulin de ceux qui ne veulent pas rompre avec le désordre ancien.
Bark Biiga
Fasozine/20/07/2011
| < Prev | Next > |
|---|