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May 24th
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France-Libye: Le volontarisme de Sarkozy à l'épreuve d'une quête d'approche de la coalition

Libye-Frappes militaires - La France s'est engagée dans le peloton de tête d'une intervention militaire en Libye. Une position saluée par l'ensemble de sa classe politique qui, toutefois, redoute fort un 'engrenage' du conflit. Ce scepticisme est renforcé par la difficile articulation entre la coalition et l'Otan sur le terrain. L'adoption de la résolution 1973 par l'Onu aura finalement laissé la main libre à la coalition pour une intervention militaire en Libye. Une opération de frappes ciblées dont le but consiste à 'protéger les populations civiles'. En première ligne, la France qui, dès samedi, a fait voler ses rafales sur le territoire libyen. Cet engagement apparaît comme la phase d'action faisant suite aux échanges de mauvais procédés entre le président Sarkozy et le colonel Kadhafi. Toutefois, cette position de locomotive de cette intervention armée en territoire libyen est partagée par les plus grands opposants au régime actuel. Car cette décision du gouvernement français à se signaler aux côtés des populations civiles libyennes a favorisé la mise en place d'un véritable front uni.

La gauche s'étant prononcée depuis quelques jours sur la nécessité de la communauté internationale d'intervenir pour protéger les insurgés. D'ailleurs, même le Parti socialiste, étant dès le début favorable à l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne, est obligé de suivre le pas.

Mettant en garde contre un éventuel engrenage militaire, Dominique De Villepin s'est dit, quant à lui, solidaire de ces frappes de l'armée française sur des sites ciblés en Libye.

Mais c'est surtout la position de François Bayrou qui confère un soutien majeur à la décision politique de Nicolas Sarkozy. Le leader du Mouvement pour la démocratie (Modem), adversaire déclaré du président français, salue une 'victoire diplomatique' de la France.

Il faut dire aussi que cette décision d'une intervention militaire en Libye est à mettre forcément à l'actif du président Nicolas Sarkozy. Un volontarisme aux enjeux politiques multiples pour ce dernier. D'abord, le président français aura réussi, en un temps record, à tenir une conférence d"harmonisation' avec les pays du G-8.

Une rencontre à laquelle, a fait suite, une conférence extraordinaire, samedi dernier, recueillant l'engagement d'autres pays encore indécis. Il s'agit, notamment de la Russie qui, jusqu'ici, n'aura pas été signataire de la résolution 1973 de l'Onu.

Aujourd'hui, six jours après le premier assaut en rafales, lancé par l'aviation française, la population ne semble point manifester un quelconque désaccord sur la décision politique de Nicolas Sarkozy.

Au début du mois de mars, 63 % des Français étaient contre l'engagement ostensible de la France en terre libyenne. Une tendance qui s'est nettement renversée, si l'on sait qu'à ce jour, près de 66 % d'entre eux soutiennent l'action du président français.

Un acquis de taille qui devrait le ragaillardir, à moins d'un an des élections présidentielles. Mais, tout dépendra de la tournure de son engagement en Libye où le schéma de l'évolution de la situation apparait de plus en plus confus. Il s'agit des ajustements en pleine opération au sein de la coalition, de même la difficulté de celle-ci à définir un plan d'intervention efficace.

Une situation compliquée davantage par la posture que doit adopter l'Otan, pour ne pas donner une tournure idéologique à cette guerre : Celle de simple soutien ou d'actrice centrale.

A ce rythme, avec la position de méfiance, adoptée par le président Barack Obama, depuis le début des frappes, Nicolas Sarkozy risque de porter, seul, la responsabilité et la lourde charge de ce conflit.

Abdoul Aziz Agne

Wal Fadjri/25/03/2011