Table ronde de Paris - Le secteur privé sollicité - Le financement de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) requiert aussi la participation du secteur privé. C'est en ce sens qu'une rencontre avec les opérateurs économiques nationaux et internationaux a eu lieu le jeudi 2 février 2012 dans la salle de conférences de la Banque mondiale en France afin de présenter l'environnement des affaires du Burkina ainsi que les opportunités d'investissements privés et les perspectives d'intervention au Burkina Faso.
Pourquoi faire appel au secteur privé pour le financement de la SCADD ? Selon le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, ceci est une innovation d'autant plus que le Burkina s'est doté d'un cadre référentiel qui consacre le secteur privé comme levier du développement.
Pour le Premier ministre, la rencontre avec les opérateurs économiques privés nationaux et internationaux est une occasion de « convaincre qu'une terre de lueur et de prospérité existe : le Burkina Faso » d'autant plus que le pays dispose d'atouts et de vecteurs de croissance qui restent à exploiter et à explorer, notamment le pôle de croissance de Bagré et l'aéroport de Donsin.
Concernant le pôle de croissance de Bagré, le principal groupe cible concerné est entre autres les opérateurs et investisseurs privés nationaux et étrangers, les petites et moyennes entreprises d'exploitation et de transformation agricole.
Le volume du financement de ce projet s'élève à 133, 7 millions de dollars, à hauteur de 10 millions de dollars pour les bénéficiaires, 8,7 millions de dollars pour le Burkina Faso et 115 millions de dollars pour la Banque mondiale.
Pour le projet de construction de l'aéroport international de Donsin et de ses voies d'accès, le financement sera issu d'un partenariat entre le public et le privé.
Le financement privé sera assuré par la société d'économie mixte sous formes de fonds propres exigibles auprès des actionnaires et sous forme de prêt auprès des guichets privés de banques appropriées pour le compte de la société.
Le montant total du financement à mobiliser par le privé se résume à 60% pour l'investisseur international, 25% pour le privé local, 10% pour le gouvernement et 5% pour l'ASECNA.
Le Premier ministre a invité les partenaires du secteur privé à investir au Burkina Faso. Pour ce faire, il leur a donné « le gage que le Burkina Faso affiche de solides fondamentaux qui ont été confirmés par les institutions internationale ».
Au sortir de la concertation avec le secteur privé, les participants n'ont pas manqué de montrer leur adhésion en ce qui concerne la mise en oeuvre de la SCADD.
En témoigne Lassiné Diawara, vice-président de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), qui a affirmé que le forum sur le secteur privé a répondu à ses attentes puisque les échanges lui ont permis de constater que l'environnement des affaires du Burkina renforce davantage leur détermination à investir.
Mais il a souhaité que les engagements pris par le gouvernement soient suivis d'actions concrètes Le Premier ministre, au cours d'une conférence de presse a laissé entendre que les rencontres avec le secteur privé et le secteur public débouchent sur des perspectives heureuses étant donné que le forum se termine sur des notes positives.
L'environnement des affaires au Burkina Faso s'est amélioré ces dernières années. Sur le plan des normes internationales, le rapport Doing business 2012 a classé le Burkina Faso au 150e rang sur 183 pays, soit un rang de gagné en comparaison à celui de 2011 et quatre par rapport à 2010.
En 2011 le Burkina Faso était classé au 4e rang des réformateurs les plus constants au niveau mondial durant les cinq dernières années.
Ces différents indicateurs démontrent à la fois l'engagement et la constance dans la mise en oeuvre des réformes visant à l'amélioration du climat des affaires et à la promotion de l'investissement privé au Burkina Faso.
Par Françoise Dembélé
Le Pays/07/02/2012
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