Formation professionnelle - Mansour Kama exige l'audit des 16 milliards de la taxe professionnelle - La Contribution forfaitaire à la charge de l'employeur (Cfce) destinée au financement de la formation professionnelle rapporte seize milliards par an au Trésor public.Les partenaires sociaux exigent la lumière sur l'affectation de cette manne financière dont une partie devait aller au Fonds de développement de l'enseignement technique de la formation (Fondef). Au titre de la taxe professionnelle, les entreprises sénégalaises versent annuellement à l'Etat 3 % de leur masse salariale, sous forme de Contribution forfaitaire à la charge de l'employeur (Cfce) ou Contribution globale unique (Cgu). A en croire le président du Conseil national du patronat du Sénégal (Cnes), Mansour Kama, cette taxe professionnelle rapporte au Trésor public une manne financière de plus de seize milliards de francs Cfa.
La moitié des ressources générées par cette taxe professionnelle, c'est à dire les 50 % devaient être affectés au Fonds de développement de l'enseignement technique et de la formation professionnelle (Fondef) qui a pour mission de répondre aux besoins de formation des entreprises en finançant partiellement les projets de formation continue des agents actifs des entreprises qui en font la demande.
'Un audit sur la longue durée de l'affectation de la Contribution forfaitaire à la charge de l'employeur (Cfce) serait fort opportun.Car, il ne s'agit pas pour nous de gérer seul de telles ressources.
Nous devrions, à tout le moins, et à l'instar de beaucoup de pays en Afrique et en Europe en contrôler la destination dans le cadre du partenariat tripartite Etat employeur et organisations de travailleurs', déclare le président du Conseil national des employeurs du Sénégal (Cnes), Mansour Kama.'Nous voulons savoir comment cette manne financière est affectée dans le cadre de la formation continue des travailleurs par le biais du Fondef', explique-t-il.
Par ailleurs, le représentant du patronat sénégalais lors de l'ouverture des journées de réflexion et d'échanges sur la formation professionnelle continue, la mise en place d'un dispositif paritaire et pérenne de financement de la formation professionnelle continue s'impose, à l'image des Organisations paritaires collecteurs agréées (Opca), gérés en France par les partenaires sociaux actifs dans les branches professionnelles.
De même, le patron de la Cnes a aussi lancé un vibrant plaidoyer pour la 'promulgation de la Loi d'orientation sur la formation professionnelle et technique afin de créer un cadre légal propice au relèvement du niveau de qualification et de l'employabilité de nos ressources humaines'.
Une aspiration largement partagée par le secrétaire général de l'Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas), Mademba Sock. 'Les partenaires sociaux sollicitent, au plan institutionnel, l'adoption de la loi d'orientation sur la formation professionnelle et technique qui traduirait la volonté de l'Etat de prendre en charge la formation professionnelle continue', ajoute-t-il.
Pérennisation du Fondef
Sur la question du financement de la formation professionnelle continue, au nom des travailleurs, Mademba Sock a interpellé carrément le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye pour que le gouvernement augmente sa contribution.
'La formation professionnelle continue a un coût que le secteur privé national ne peut prendre en charge tout seul', note Sock non sans saluer la contribution de l'Etat par le financement de 75 % du coût des projets de formation élaborés au Fondef.
Pour consolider cet acquis et la pérennisation du Fondef, Mademba Sock croit savoir qu'il faut 'un abonnement financier conséquent qui passe nécessairement par le reversement d'au moins 50 % de la Contribution forfaitaire à la charge des employeurs (Cfce) au Fondef en vue de répondre aux besoins des secteurs économiques'.
L'administratrice du Fondef, Fatou Kane Diallo, n'a pas dit autre chose. 'De l'avis de tous les acteurs de la formation professionnelle et technique, la pérennisation du Fondef passe par le reversement d'une partie de la Contribution forfaitaire à la charge des employeurs (Cfce)'.
Ce à quoi, le Premier ministre a répondu en disant qu'il va donner des instructions au ministre des Finances pour voir 'comment, il pourra affecter les 50 % de la Contribution globale unique au Fondef'.
Parce que, selon lui, 'l'ambition du gouvernement est de faire en sorte que les travailleurs sénégalais puissent se perfectionner tout au long de leur carrière. Et pour cela, il faut des ressources de l'Etat et du secteur privé'.
Une réponse qui ne satisfait guère Mansour Kama. Pour le président de la Cnes, 'le gouvernement ne doit pas seulement se limiter à reverser une partie de la Cfce au Fondef, il doit augmenter ce montant à défaut d'affecter intégralement des montants qu'il tire de nous sous forme de taxe professionnelle.'
EN SEPT ANS D'EXISTENCE : Le Fondef a dépensé plus de 3 milliards pour la formation des travailleurs
Crée en 2005, le Fonds de développement de l'enseignement technique et de la formation professionnelle (Fondef), sept ans après, a quelques réalisations à son actif. Elle a, principalement, pour mission de répondre aux besoins des milieux économiques, notamment en matière de ressources humaines bien formées.
Ainsi, en sept ans d'existence, le Fondef a financé 435 projets de formation financés pour un montant de 3 milliards huit cent millions. Près de vingt-six mille six cent quinze (26 615) travailleurs ont bénéficié de ces formations continues.
Mamadou Sarr
Wal Fadjri/13/07/2011
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