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Sam, Sep

Bâtiment, travaux publics et corruption au Burkina Faso

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Le secteur du bâtiment souffrirait d'une insuffisance de contrôle mais aussi de la corruption 'rampante' au Burkina Faso. Ce constat a été fait mardi par le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC). Selon cette Organisation Non Gouvernementale, certaines 'pratiques malsaines' doublés de l'incivisme et de l’affairisme mineraient le secteur du bâtiment au Burkina Faso avec pour conséquence l'effondrement de nombreuses immeubles dans certaines grandes villes du pays.

Les conclusions de l'enquête menée par le Réseau national de lutte anti-corruption met en lumière l'ignorance totale du principe de double contrôle de tout projet de construction : 'Le plus souvent, le contrôle interne s’avère inopérant, du fait des connivences entre le contrôleur et le promoteur. Il s’agit, dans la plupart des cas, d’entente entre amis, ce qui n’est pas gage de rigueur dans le suivi du travail de construction'.

Sur 1.998 bâtiments contrôlés (exclusivement des bâtiments R+), seulement 436 disposaient de permis de construire en 2011, soit environ 21 %. Ces chiffres proviennent d'une campagne spéciale de contrôle de la Direction générale du contrôle des opérations d’aménagement et de construction (DGCOAC).

A titre d'exemple pour illustrer la situation du secteur du bâtiment dans la deuxième villle du pays qu'est Bobo-Dioulasso, seulement 50 des 643 constructions contrôlées (soit 7%) disposaient d’un permis de construire.

Ce chiffre avait été évalué à 2 sur 4 à Banfora, 3 sur 30 et 8 sur 14 à Ouahigouya et à Dédougou.

Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) pointe également du doigt 'l’auto-construction malsaine non assistée' qui prend de plus en plus l’ampleur dans le pays et signale que l’administration centrale se livre à cette pratique.

Sellon le REN-LAC : 'En 2012, sur 964 constructions sans permis dénombrés à Ouagadougou, près d’une vingtaine appartiennent à l’Etat et à ses démembrements'.

Le réseau ajoute : 'La corruption et le caractère non opérationnel de la structure de contrôle n’incitent à aucun optimisme. Même s’il s’avère difficile de faire la preuve matérielle de cette corruption, les impairs sont suffisamment éloquents pour témoigner de l’existence de la pratique'.

AfriqueJet