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Dim, Avr

Djibouti : mise en garde contre un investissement financé par l'emprunt

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Investissement financé par l'emprunt - L'accroissement ambitieux de Djibouti de l'investissement dans les infrastructures a contribué à des perspectives largement favorables pour ce pays de l'Afrique de l'Est mais renforce également sa vulnérabilité fiscale et à l'endettement, a prévenu le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) ce vendredi.

Dans un communiqué publié après la conclusion des consultations au titre de l'Article IV avec Djibouti, le FMI a encouragé le gouvernement à maintenir les réformes essentielles destinées à faire de cet investissement un outil fort, inclusif et source d'emplois et à replacer la dette sur une trajectoire durable.

Djibouti, petit Etat du territoire aride de la Corne de l'Afrique, frontalier avec l'Ethiopie, dépend fortement de son port en eau profonde. Il renforce ainsi ses infrastructures de transport et de services afin de profiter de sa situation stratégique en tant que plaque tournante de la navigation et pour abriter des bases militaires.

Pour atteindre leurs objectifs de développement, les autorités djiboutiennes ont lancé un programme d'investissement à grande échelle financé par la dette extérieure, qui a fait passer cette dernière de 50 à 85 pour cent du PIB en deux ans, selon le FMI.

Le FMI a révélé que la plus grande partie de cette dette concerne l'entreprise publique et qu'elle est garantie par le gouvernement et que Djibouti risque toujours le surendettement puisque tous les indicateurs de viabilité de la dette dépassent leurs seuils pour une période prolongée.

Dans son évaluation de la situation économique de ce pays, le conseil d'administration du FMI a encouragé les autorités à adopter une loi sur la dette publique et à fixer un seuil d'endettement de référence, tel qu'un ratio dette-PIB, afin de garantir sa viabilité.

'Les directeurs ont souligné la nécessité de réduire le rythme d'endettement public et d'éviter de contracter des prêts non assortis de conditions préférentielles, y compris par les entreprises publiques', a souligné le FMI dans son communiqué.

Il a préconisé le renforcement des capacités de gestion de la dette, de coordination des institutions chargées de contracter les dettes et des capacités à évaluer les risques fiscaux du Partenariat Public-Privé, ainsi que le respect de toutes les obligations du service de la dette.

Dans un rapport séparé, le FMI a indiqué que le risque de surendettement a considérablement augmenté avec des indicateurs du fardeau de l'endettement bien au-dessus de leurs seuils respectifs et pour de plus longues périodes s'agissant des seuils de liquidité.

La stratégie de développement des autorités djiboutiennes, Vision Djibouti 2035, vise à transformer ce pays en une économie à revenus intermédiaires et en un centre économique et logistique pour toute l'Afrique de l'Est.

Malgré la croissance remarquable de ce pays, estimée à 6,5 pour cent en 2016, la pauvreté et le chômage restent élevés et généralisés. Le FMI a révélé qu'environ 41 pour cent de la population est pauvre, que 23 pour cent vit en dessous du seuil de pauvreté et que le taux de chômage est de 39 pour cent.

La croissance a été impulsée par des grands projets du secteur public, en particulier la voie ferrée vers l'Ethiopie, la construction de plusieurs nouveaux ports et le réseau hydraulique qui part de l'Ethiopie.

'Jusqu'ici, ces grands projets d'investissement n'ont eu qu'un impact limité sur l'emploi puisque ne faisant appel qu'à une main d'oeuvre qualifiée et souvent étrangère', a-t-il souligné. L'inflation a augmenté à 03 pour cent en 2016, reflétant essentiellement une augmentation des prix des produits alimentaires et des services.

Les directeurs du FMI ont invité les autorités à lancer une vaste révision des dépenses fiscales, des exemptions et des régimes fiscaux spéciaux en vue de les réduire.

'Ce qui devrait contribuer à élargir la base d'imposition et accroître les recettes publiques tout en créant un espace pour le service de la dette et les dépenses sociales prioritaires', ont-t-il souligné.

PanaPress