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May 24th
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Economie: Inflation en Afrique de l'Ouest

Sénégal - Le pays troue le plafond communautaire. Au premier semestre de 2011, l'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation ressort à 4,1% soit bien au-delà du seuil de 3% fixé dans les critères de convergence du cadre communautaire. L'activité économique interne mesurée par l'indice général d'activité proxy du PIB, a enregistré une croissance de 3,7% sur le premier semestre (janvier-juin) de 2011, comparativement à la même période en 2010. Une évolution due au dynamisme des secteurs secondaire (5,9%) et tertiaire (3,8%), selon la dernière note de conjoncture de la Dpee(Direction de la prévision économique ). Au premier trimestre 2011, il était déjà noté une bonne tenue des activités dans les secteurs secondaire (4,9%) et tertiaire (4,3%).

Dans ce contexte, l'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation est évaluée à 4,1% au premier semestre de 2011, une hausse des prix tirée principalement par les produits alimentaires (9,3%) et le transport (4,2%).

Le système de pondération dans le panier de biens consommés au Sénégal laisse ainsi apparaître une large prédominance des produits alimentaires, même si son importance a diminué entre 1996 et 2008 pour s'établir à plus de 32%.

Ils sont souvent suivis par la fonction « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles ». Toutefois, avait fait remarquer les statisticiens, le gaz et les autres combustibles ont un poids faible (5,9%).

Il demeure que le Sénégal dépasse ainsi de loin le seuil communautaire plafonné à 3% dans les critères de convergence, même si la hausse des prix à la consommation s'est presque généralisée au niveau des différents pays membres.

Tel que confirmée par la Bceao dans sa dernière note de conjoncture au 2ème trimestre 2011, l'évolution du niveau général des prix à la consommation dans l'UEMOA est marquée par la persistance des tensions inflationnistes.

Le taux d'inflation en glissement annuel est passé de 3,9% à fin mars 2011 à 5,7% en avril 2011, 4,8% en mai 2011, puis à 3,9% à fin juin 2011. La progression des prix résulte du renchérissement des denrées alimentaires et de la progression des prix des carburants dans la plupart des pays. Elle est liée également aux perturbations des circuits de distribution, en rapport avec la crise socio-politique en Côte d'Ivoire, note encore la Bceao.

Il faut dire que depuis le dernier trimestre de 2010, les cours des denrées alimentaires ne cessent d'augmenter de manière fulgurante. Dans sa note de conjoncture du premier trimestre publié en mai dernier, la Dpee indiquait que l'inflation au Sénégal risquait d'enregistrer des niveaux inquiétants, avec l'ampleur des mouvements de prix observés sur les marchés mondiaux en fin 2010 et début 2011.

La Dpee rapportait ainsi le point de vue de spécialistes selon qui, les prix de certaines spéculations (riz, blé, maïs) se rapprochent petit à petit des niveaux enregistrés lors de la dernière crise alimentaire de 2007-2008.

Les perspectives ne sont pas rassurantes si l'on considère la perception de la Bceao relative aux grandes tendances économiques et monétaires dans les Etats membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

Les tensions inflationnistes devraient perdurer, puisque le taux d'inflation en moyenne se situerait à 3,6% au troisième trimestre 2011 contre 4,8% au deuxième trimestre 2011. Cette évolution refléterait la hausse des cours mondiaux des produits pétroliers et des denrées alimentaires.

En corollaire, la position concurrentielle de l'Union se dégraderait au cours du prochain trimestre, une perte de compétitivité de 2,1%, étant attendue au troisième trimestre 2011.

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Dans cette conjoncture tendue, la compétitivité-prix de l'économie sénégalaise s'est légèrement dégradée de 0,9% sur les 6 premiers mois de 2011 du fait notamment du différentiel d'inflation défavorable (+0,2%) conjuguée à l'appréciation du FCfa (+0,7%) par rapport aux monnaies des partenaires commerciaux.

A l'échelle de l'Union, la position concurrentielle de l'Union, appréciée à partir de l'indice du taux de change effectif réel (TCER), indique une perte de compétitivité à 3,4% au deuxième trimestre 2011, après le gain de 2,8% observé au trimestre précédent, en relation avec l'appréciation de l'euro et la persistance des tensions inflationnistes au cours du trimestre sous revue.

Pendant ce temps, au plan budgétaire, les «dépenses totales et prêts nets» évalués à 880,1 milliards de FCfa soit une progression de 14% en glissement annuel, imputable notamment aux dépenses d'investissement financées sur ressources internes, dépassent les ressources qui, au premier semestre 2011, sont évaluées à 758,4 milliards, composés de recettes budgétaires (674,8 milliards, en hausse de 4,8%), de dons budgétaires (65,3 milliards) et de recettes du Fonds de Soutien à l'Energie (18,3 milliards).

Et les ménages dans tout ça ? Les résultats de l'enquête de conjoncture sociale montrent en tout cas que l'assainissement reste le service le moins accessible pour les ménages.

Ce qui n'empêche pas l'activité des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) de rester « bien orientée ». A fin juin 2011, comparativement à décembre 2010, le sociétariat (1.533.911 membres) affiche une progression de 2,4% ; l'encours des crédits, évalué à 186 milliards, augmente de 3,2 milliards (1,8%) et les dépôts, chiffrés à 174,2 milliards, sont en hausse de 12,5 milliards (7,7%). Mieux, le taux des créances en souffrance, établi à 4,98%, s'inscrit en dégradation de 0,46 point de pourcentage sur la période.

Et pour ne rien gâcher, les transferts rapides de fonds reçus via les établissements de crédit du Sénégal se sont situés à 156,7 milliards de FCfa au second trimestre 2011 contre 148,6 milliards de FCfa au trimestre précédent, soit une progression de 8,1 milliards ou 5,5%.

Sur les 6 premiers mois de l'année, les transferts reçus sont évalués à 305,3 milliards, soit une progression de 5,5% par rapport à la même période de 2010. Les effets de la crise mondiale actuelle de la dette se font sans doute attendre.

Malick Ndaw

Sud Quotidien/18/08/2011


 

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