Côte d'Ivoire - Les carottes sont cuites pour Laurent Gbagbo. Arrêté, le lundi 11 avril 2011, à l'issue d'une offensive généralisée des forces de son rival Alassane Ouattara, le désormais ex-président ivoirien est confronté au revers du destin. C'est le retour de la manivelle. La triste fin d'un règne sans gloire. Comme Monsieur Séguin avec ses chèvres, Laurent Gbagbo n'avait jamais eu du bonheur avec son pouvoir. Dix années durant, l'homme a partagé ses jours entre insomnies et incertitude du lendemain. Dix ans de guerre civile, dix ans de compromis et compromissions, dix ans de négociations dix ans d'évolution en dents de scie. Sans surprise, l'homme termine comme il a commencé : dans la confusion.
Lui qui, toute honte bue, avait juré de ne jamais céder « son » pouvoir qu'il considérait de « constitutionnel », s'est vu sortir par la petite porte. Moins qu'une porte, par la fenêtre. Moins qu'une fenêtre, par le trou du ras.
En effet, les images qui ont fait le tour du monde, en temps réel, ont montré comment le tonitruant Gbagbo a été extrait de son confortable bunker souterrain. A moitié habillé, transpirant, lèvres sèches, regard fatigué Gbagbo et son épouse Simone ont été conduits à l'hôtel du Golf, siège du gouvernement Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale.
En une clique, la joie a changé de camp. Elle a choisi son camp. Celui de Ouattara. C'est plus qu'humiliant pour celui qui, une décennie durant, a tenu les rênes du pays d'Houphouët-Boigny.
Pourtant, il y avait mieux à faire que d'offrir au continent ce spectacle désolant. En effet, eu égard au nombre de pays qui ont à organiser des élections cette année 2011, le continent doit s'attendre en particulier à vivre des moments épiques : joutes oratoires, manifestations de joie et campagnes de protestations vont de nouveau colorier nos journées. Mais, il y a un « mais ».
Les despotes invétérés sont avertis. En un mot comme en mille, l'arrestation de Gbagbo augure un signal fort du droit d'ingérence en cas de bavures à la démocratie et aux droits de l'homme.
De la défenestration de Gbagbo, la leçon à retenir est toute simple : la meilleure règle de la démocratie, c'est l'alternance. On ne peut pas s'installer indéfiniment, avec effets, femmes et enfants, acolytes et thuriféraires, sous prétexte que « mon peuple m'aime ».
En démocratie, on ne quitte pas le pouvoir parce qu'on a mal travaillé. On le quitte parce que son mandat électif a pris fin. Que l'on travaille bien ou mal, il faut respecter les règles du jeu. Point.
Rich Ngapi
Le Potentiel/13/04/2011
| < Prev | Next > |
|---|