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May 23rd
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Côte d'Ivoire: Gbagbo transporté loin du chaos d'Abidjan

Gbagbo-Côte d'Ivoire - Les Nations unies ont conduit le président déchu de Côte d'Ivoire dans un lieu secret, loin de l'hôtel du Golf. Laurent Gbagbo a été éloigné hier, 12 avril 2011, de la capitale économique de Côte d'Ivoire, toujours secouée par des pillages et des échanges de coups de feu.Le chef de l'Etat déchu ne se trouve donc plus dans la chambre 468 de l'hôtel du Golf où il avait été conduit lundi après-midi par les forces loyales au nouveau président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara. Le «boulanger d'Abidjan» ne se trouve même plus dans la capitale économique, dont il a été exfiltré avec la participation des forces de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies. Et si l'Onuci assure coopérer avec les autorités ivoiriennes «pour garantir la sécurité de Laurent Gbagbo», le porte-parole des Nations unies Farhan Haq s'est refusé à toute précision quant à la nouvelle localisation de l'ex-chef d'Etat ivoirien.

D'après des sources, l'ancien chef de l'Etat ivoirien airait été transporté dans le Nord du pays, la zone d'où a été lancée la conquête du pouvoir par les Forces républicaines loyales à Alassane Ouattara. Une seule certitude, Laurent Gbagbo est désormais loin des troubles qui continuent d'agiter Abidjan au lendemain de la prise de pouvoir effective de son successeur. Si Alassane Ouattara a appelé les Ivoiriens à «s'abstenir de tout acte de représailles ou de violences» afin d'oeuvrer à la réconciliation du pays, la capitale du pays a été le théâtre mardi d'exactions dont l'ampleur dépasse les groupes qui s'improvisent forces de sécurité alors que la police et la gendarmerie n'ont pas encore repris leur activité.

Le Sud d'Abidjan, où se concentrent représentants de l'Onu et troupes de la force française Licorne, est relativement apaisé. Mais le nord de la ville reste dangereux. De nouveaux tirs à l'arme lourde et des échanges de coups de feu ont retenti mardi en fin de matinée dans les quartiers de Cocody et du Plateau. Des combats ont été signalés dans les rues de Yopougon. Les pillages déjà constatés ces derniers jours se sont poursuivis. Laurent Gbagbo est tombé, Alassane Ouattara a, semble-t-il, définitivement pris le pouvoir, mais les tensions entre les partisans des deux rivaux sont toujours vives.

Après la guerre civile, marquée par de possibles violations des droits de l'homme sur lesquels va enquêter l'Onu, l'instauration d'une paix durable ne se fera pas facilement. L'instabilité a notamment permis la circulation massive d'armes aujourd'hui aux mains de civils de tous horizons. C'est dans ce contexte que Laurent Gbagbo a eu ces mots lundi dernier lors de son interpellation : «Ne me tuez pas!» Selon un témoin, ces premiers mots de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo à ses tombeurs venus le chercher lundi à sa résidence d'Abidjan, ont ramené tous les acteurs à leur dimension humaine.

«Il y avait des mines un peu partout dans la cour» de l'imposante demeure, a raconté un autre témoin et élément des Forces républicaines (Frci) de son rival Alassane Ouattara. M. Gbagbo s'y était retranché depuis une semaine devant l'offensive des Frci, appuyées par des frappes aériennes de la France et de l'Onu. «Nous avons des éléments qui ont été blessés, qui ont marché sur les mines qui étaient installées dans la cour», poursuit le combattant. «On a jeté des gaz lacrymogènes dans la maison et puis le commandant Vetcho (l'un des chefs militaires Frci) est rentré».

D'après d'autres témoins, le commandant Vetcho, le commandant Wattao, Chérif Ousmane, Morou Ouattara (trois autres chefs Frci) ont formé un blocus pour le protéger parce que «certains de nos éléments voulaient en finir avec lui tout de suite. On l'a mis dans un 4x4 de Wattao, à l'arrière, et on l'a conduit directement», témoigne de le commandant Vetcho qui faisait partie de l'équipe qui l'a conduit au Golf Hôtel, Qg du camp Ouattara dans le même quartier de Cocody (Nord), indique ce témoin. «On l'a fait entrer discrètement dans l'hôtel. Il était protégé par des éléments de la sécurité des Frci et des gendarmes de l'Onu», a dit un autre élément des Frci.

Léger Ntiga

Le Quotidien Mutations/13/04/2011


 

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