Retour de la Françafrique - Le gouvernement français a rejeté toutes les accusations relatives au retour de la Françafrique à travers l'implication de l'opération Licorne lors de l'arrestation du président Gbagbo. Entre-temps le nouveau président ivoirien Ouattara devra notamment relever les défis de la sécurité et de la réconciliation nationale. La France, qui se défend d'être intervenue directement pour faire capituler le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, doit à nouveau gérer son éternelle image de gendarme de l'Afrique avec laquelle le président Nicolas Sarkozy avait pourtant promis de rompre, a rapporté l'AFP. La presse française estimait hier mardi 12 avril que les conditions de la chute de Laurent Gbagbo affaiblissent Alassane Ouattara, président internationalement reconnu mais qui doit finalement son accession au pouvoir à l'intervention militaire de l'ex-puissance coloniale.
«Même encadrée par une résolution de l'ONU et soutenue par les pays de la région, cette mission de la France s'apparente aux interventions d'antan et risque d'être vue comme telle par les jeunes Africains», estime ainsi le quotidien de gauche Libération.
Cinquante ans après les indépendances africaines, Paris s'est à nouveau retrouvée en première ligne sur un continent auquel le président Nicolas Sarkozy (élu en 2007) avait pourtant promis une relation «rénovée», la fin d'anciens passe-droits et un désengagement militaire.
SECURITE ET RECONCILIATION
Pour le député socialiste François Loncle, «l'intervention militaire française constitue un nouvel épisode caricatural de la Françafrique», ce système mêlant cooptation des dirigeants des ex-colonies, réseaux occultes et chasses gardées commerciales ayant perduré pendant la guerre froide.
Mardi, le gouvernement français a à nouveau affirmé la légalité de son intervention, à la demande de l'ONU, mais aussi sa légitimité, en appui aux processus démocratiques africains.
Au-delà des déclarations triomphalistes, le nouveau président de la Côte d'Ivoire devra désormais relever de nombreux défis.
Il s'agit notamment de la sécurité des biens et des personnes sur le territoire ivoirien et de la réussite de la réconciliation nationale dans un pays où les lignes de fracture entre le Nord et le Sud sont très perceptibles.
Pierre Emangongo
Le Potentiel/13/04/2011
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