Afrique - Vous avez certainement vu ces photos qui circulent sur le Net, pire dans les rues de Ouagadougou, vendues entre unités téléphoniques et journaux papier. Ces clichés, pris par les FRCI lors de l'arrestation du couple Gbagbo et disséminés un peu partout sur la Toile, sites d'informations, Facebook, Twitter et blogs en tous genres, font aujourd'hui le tour du monde et l'objet de tous les commentaires. On peut y voir Laurent Gbagbo, forcé de changer de chemise par les Forces « Républicaines ». Son Ministre, M. Béchio, rué de coups, frappé jusqu'au sang. Sa femme, à qui on prend la tête par les cheveux, cheveux qu'on ne s'empêche pas d'arracher d'ailleurs. Humiliée au milieu d'une horde de « militaires » des FRCI qui se prennent joyeusement en photo avec l'ex-Première Dame : elle, à quatre pattes et eux autour s'amusant de leur forfait. Une femme. Une mère de famille.
La Première Dame de Côte d'Ivoire pendant plus de 10 ans ; traitée par l'armée « libératrice » d'Alassane Dramane Ouattara comme l'ont été les prisonniers de la prison d'Abou Ghraïb par les soldats américains. Oui, c'était hier : souvenez-vous de ces autres clichés qui ont eux-aussi fait le tour de monde et qui ont scandalisé l'opinion publique internationale. On y voyait des soldats de l'armée américaine humilier, purement et simplement, des prisonniers de guerre. Eux, ils ont été punis et heureusement rayés de l'armée pour faute grave. Nous attendons qu'il en soit de même pour ces soldats de l'armée ivoirienne, puisqu'on parle désormais de l'armée d'un Etat, d'un Etat de droit, dirigé par un président qui dit vouloir la Réconciliation et la Paix. Ces souhaits en tout cas ne passeront pas par des actes de vengeance, de barbarie, d'humiliation tels qu'affichés aussi scandaleusement, applaudis même par beaucoup Avant tout, le respect de soi-même passe par le respect de son « ennemi ».
Si cette femme, cet homme doivent être condamnés pour des actes qui leur seraient imputés, qu'ils le soient, et que justice soit prononcée. Mais rien ne peut excuser ces agissements, commis par une armée qui est censée défendre un Etat, l'Etat ivoirien et donc tous les Ivoiriens, et plus particulièrement d'ailleurs, ceux (la moitié, si on doit en croire les résultats des élections du mois de novembre) qui ont donné leur voix à Monsieur Gbagbo.
Fatoumata Touré
San Finna/18/04/2011
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