Exportations - Les exportations ont affiché une hausse de 6,7% pour atteindre un montant de 25 milliards de dinars. En contrepartie, les importations ont évolué de 5,7% pour avoisiner 33,701 milliards de dinars. 55% des ménages ignorent les dates du début et de fin de la saison des soldes. Et seulement 34% planifient leurs courses pour cette période.
A-t-on bien résisté à la crise ? Nos inquiétudes pour la santé des entreprises et le pouvoir d'achat des consommateurs sont-elles bien fondées ? Les bilans avancés par les responsables du ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat ont montré que la situation de l'année dernière n'était pas aussi catastrophique que prévu, lors du point de presse organisé, hier, au siège du ministère.
Mieux encore, le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, M Mohamed Lamine Chakhari a même pointé du doigt certains médias qui tentent d'amplifier des faits marginaux. Ce qui a changé les comportements des consommateurs et a aggravé le déséquilibre du marché, notamment des produits alimentaires.
S'agissant du commerce extérieur, les exportations ont affiché une hausse de 6,7% pour atteindre un montant de 25 milliards de dinars. En contrepartie, les importations ont évolué de 5,7% pour avoisiner 33,701 milliards de dinars. Il en découle ainsi une amélioration du taux de couverture des importations par les exportations de 0,6 point.
A cet égard, M. Lotfi Khdhir, directeur de l'observatoire du commerce extérieur a rappelé que ces indicateurs reflètent le dynamisme de l'économie tunisienne. En plus, les bailleurs de fonds fixent les conditions des crédits à la lumière de ces performances.
Toutefois, on constate une aggravation du solde de la balance commerciale de 3,8%, soit un déficit de 8,6 milliards de dinars. «Ce déficit est dû principalement à trois facteurs, à savoir la baisse des exportations des phosphates et dérivées et du pétrole brut, ainsi que l'envolée des prix des produits alimentaires» explique le directeur.
En effet, le secteur minier a enregistré une contre performance de 48%. «Parmi les dérivées du phosphate, les exportations du DAP en 2011, qui représente 25% des exportations de la filière, n'ont pas dépassé les performances de cinq mois de 2010», illustre le responsable.
Idem pour des exportations du pétrole brut qui ont fléchi de 20%. Il convient de préciser que ces quantités ont été mises à la disposition de la Stir pour une meilleure valorisation.
Pour ce qui est des importations, les prix des produits alimentaires n'ont pas cessé de croîetre pour enregistrer une hausse moyenne de 40,7%. La hausse n'a épargné aucun produit. A titre indicatif on cite une envolée des prix de 45% pour les huiles végétales, 40% pour les céréales et 25% pour le sucre.
Toutefois, les performances du deuxième semestre sont comparables à celles de l'année 2010. Un constat prometteur, selon le responsable. Mieux encore, les études de l'observatoire démontrent des perspectives de développement dans certains pays arabes, notamment voisins et du Golfe.
Il recommande, également, de valoriser les produits agricoles et de renforcer la réactivité des entreprises nationales, pour contrecarrer la décélération de la croissance économique de l'Union Européenne, prévue à -0,3%.
Renforcer le contrôle économique
Nul ne doute que l'année 2011 a été marquée par de récurrentes pénuries et d'une continuelle envolée des prix, notamment des produits de consommation courante.
Cependant, les ménages, de leur côté, n'ont pas réussi à ajuster leurs budgets, ni à planifier leurs achats. «La saison des soldes est un exercice de taille pour les consommateurs» avance M. Ridha Lahwel, directeur de l'Institut national de la consommation. Toutefois, dans les régions de l'intérieur, la participation aux soldes d'hiver reste timide.
Dans ce contexte, une étude menée par l'institut a montré que 55% des ménages ignorent les dates du début et de fin de la saison des soldes. Et que seulement 34% planifient leurs courses pour cette période.
Ceci pourrait s'expliquer par l'insatisfaction des consommateurs de l'offre, bien que la participation des professionnels est de plus en plus élargie d'une année à l'autre.
Sur un autre plan, pour maîetriser les prix, l'administration est appelée à développer une approche proactive. Elle sera en mesure de prévoir les éventuels déséquilibres des marchés afin de mettre les actions appropriées au moment opportun.
A ce propos, M. Hsouna Jamaoui, directeur du contrôle économique, relève «on procédera au renforcement de la capacité des services compétents à analyser les causes des évolutions du marché et renforcer les campagnes de contrôle». Et d'ajouter «le cas échéant on procédera à la fixation des prix». Il est à noter que quelques secteurs ont échappé à tout contrôle.
Ridha Maamri
La Presse/20/01/2012
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