Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale - Pascal Houangni Ambouroue vient d'être porté à la tête de l'entreprise de marché de l'Afrique centrale par le conseil d'administration. La valse de directeurs généraux se poursuit à la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (Bvmac). Après Yvon Psimhis, Marlyn Mouliom-Roosalem, Willy Ontsia et Claude Ayo Igueda, le Conseil d'Administration qui s'est réuni le lundi 9 janvier dernier au siège de l'institution à Libreville a désigné M. Pascal Houangni Ambouroue en qualité de Directeur Général.
Le nouveau Directeur général, dispose de 10 ans d'expérience dans les systèmes d'informations boursières et dans le conseil en risque management acquise chez Bnp Paribas Securities Services, au Crédit agricole Investment Services, au Crédit agricole Chevreux en tant qu'assistant trader référentiel Front-Office, ainsi qu'au Cabinet international Otc Conseil dans diverses missions d'audit des systèmes des processus financiers et activités de marché, de coordination, de formation et de marketing stratégique pour des groupes tels que Bnp Paribas assurance, Natixis ou Caisse d'épargne. Depuis juillet 2007, il occupait le poste de directeur du Marché central et développement de la Bvmac.
Cette désignation arrive à un moment où l'on parle de plus en plus d'un projet de rapprochement voire de fusion entre les deux places boursières installées dans la région Afrique centrale. Entre la Bourse des valeurs mobilières du Cameroun, la Douala Stock Exchange (Dsx) basée au Cameroun et la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (Bvmac) installée à Libreville.
Ce projet a été proposé par la Banque africaine de développement (Bad) pour stopper définitivement la compétition engagée depuis plusieurs années entre les deux marchés financiers. Selon la proposition de la Bad, si cette initiative se concrétise, la Bourse régionale sera déplacée à Douala au Cameroun, où l'activité économique est plus importante, et le régulateur du système financier de la sous région sera basé à Libreville. Une décision allant dans ce sens devait être prise lors du sommet des chefs d'Etats de la sous-région, qui se tient à N'Djamena au Tchad.
Pour la Commission de surveillance du marché financier d'Afrique centrale (Cosumaf), le régulateur sous régional, l'on ne parle plus de fusion. Cette vision aurait montré ses limites, après quelques tentatives. Aujourd'hui, la nouvelle trouvaille c'est l'idée de rapprochement entre les deux places boursières. Pour le président de la Cosumaf, il ne s'agit donc pas d'une fusion, il ne s'agit pas non plus de la disparition de l'une des deux bourses, mais d'un ensemble de mesures. Le plan détaillé prôné par le président de la Cosumaf, Alexandre Gandou, prévoit l'harmonisation des deux réglementations.
Ce plan prévoit aussi la création d'un cadre de coopération entre les régulateurs, c'est-à-dire entre la Cosumaf et la Commission des marchés financiers (Cmf). La mise sur pied des passerelles entre les deux bourses constitue l'autre challenge. Il est question à travers ce point de faire de telle sorte que les règles qui permettent d'aller à la bourse régionale soient les mêmes pour la Dsx.
Les experts de la Cosumaf souhaitent, comme autre point, l'institution d'un passeport pour le marché financier. Cela veut dire qu'un investisseur n'a plus besoin de deux visas pour faire des opérations sur les deux bourses. Pour la Cosumaf, un visa délivré par l'un des régulateurs devrait à l'avenir, si le plan est adopté, simplement être enregistré par l'autre.
Lazare Kolyang
Le Quotidien Mutations/17/01/2012
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