Afrique - Troisième Conférence internationale sur les biocarburants. Il s'est ouvert à Ouagadougou le 14 novembre 2011, la conférence internationale sur les biocarburants, troisième du genre. Placée sous le haut patronage du Premier ministre Luc Adolphe Tiao, la conférence dont le thème est "Les biocarburants : quels potentiels pour l'Afrique ?" sera l'occasion pour les participants de réfléchir sur les opportunités qu'offrent les biocarburants.
Les filières porteuses, l'espace territorial utile, les potentiels techniques et les cadres politiques sont autant d'aspects sur lesquels les experts débattront du 14 au 16 novembre.
Les biocarburants peuvent constituer une ressource énergétique majeure et contribuer à apporter une réponse à l'équation complexe qui se pose actuellement en Afrique. Tel est en quelques mots l'enjeu autour duquel se tient la troisième conférence internationale sur les biocarburants à Ouagadougou.
L'amélioration de l'accès des populations à l'énergie, l'accentuation de l'indépendance énergétique et la garantie de la durabilité des systèmes de production sont autant d'objectifs visés par les organisateurs de la conférence internationale.
De ce fait, il s'impose la nécessité d'échanges d'expériences et de pratiques pour des chances de succès. Le directeur général de l'Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2iE), Paul Giniès, au cours de la cérémonie d'ouverture des travaux, en citant Cheick Anta Diop qui disait qu'"au commencement est l'énergie", a fait un véritable plaidoyer pour que le biocarburant soit une source d'énergie de référence. Pour lui, le 2iE est fondé à croire que la solution à de nombreuses difficultés des populations réside dans l'utilisation de l'énergie propre.
L'énergie, selon Paul Giniès, est indispensable à la vie sur Terre. Pour parvenir à cela, il importe que les potentiels au profit des populations soient déterminés et par conséquent, un partage d'informations.
L'énergie, source de développement, n'est pourtant par inépuisable d'où son utilisation rationnelle, a poursuivi Paul Giniès. Il a fini en affirmant que depuis six ans, les efforts sont concertés et cela devra se poursuivre.
L'ambassadeur de la France au Burkina, Emmanuel Beth, prenant la parole, a confié que depuis 2007, des efforts ont été consentis et ont permis l'évolution du débat.
Il a pris à témoin le succès dont ont bénéficié les précédentes conférences. La troisième conférence est aussi l'occasion de dresser un nouvel état des lieux a souligné Emmanuel Beth.
Les biocarburants, à long terme, sont des facteurs de développement, dixit l'ambassadeur de France. Le caractère international de la 3e conférence permettra, dira l'ambassadeur, de partager les expériences vécues dans les différents pays.
C'est le cas du Brésil dont la replicabilité des expériences reste possible, a souligné Emmanuel Beth et la conférence reste le lieu privilégié pour les experts techniques, la société civile et les décideurs politiques.
L'ambassadeur de la France s'est dit convaincu que "malgré les risques et les verrous, les Biocarburants sont une réalité et une opportunité que l'Afrique et les autres continents ne doivent pas laisser passer."
Le ministre des Mines, des carrières et de l'énergie, Lamoussa Salif Kaboré, dans le discours officiel d'ouverture, après avoir rappelé les objectifs des conférences de 2007 et 2009, a souligné que la 3e édition constitue "une très grande fierté pour le gouvernement et le 2iE au regard de sa notoriété".
Aussi a-t-il mentionné que la 3e conférence permettra de dégager une vision harmonisée sur la question de la promotion des biocarburants en Afrique. Cela tient au fait, a poursuivi le ministre, que les pays africains sont de grands importateurs nets de produits pétroliers.
En plus, la volatilité des prix de l'énergie fossile a mis en exergue l'orientation vers de nouvelles sources d'approvisionnement en énergie, a estimé Lamoussa Salif Kaboré.
Il a rappelé aux 250 participants des 29 pays de quatre continents quelques interrogations et polémiques sur les biocarburants. Ce sont la maturité des technologies qui permettent d'utiliser sans danger les biocarburants, la disponibilité effective des terres pour la culture énergétique, l'adaptation des filières au contexte, la viabilité des projets artisanaux, industriels ou sémi-industriels, la mise en place d'une fiscalité, etc.
Les réponses à ces inquiétudes devront aussi intégrer la question de la réduction de la pauvreté, a ajouté le ministre en charge de l'énergie. L'énergie est une source d'amélioration continue de la qualité de la vie, mais il existe la responsabilité qui devrait pousser à savoir diagnostiquer les projets aux plans technique, social, économique et environnemental à partir d'informations précises et fiables.
Le haut patron de la conférence, le Premier ministre Luc Adolphe Tiao, a fait comprendre que le renchérissement du prix du pétrole devrait amener les pouvoir à envisager d'autres solutions tels les biocarburants, d'autant plus que certains pays en ont fait la preuve.
Les terres sont disponibles, a estimé le Premier ministre et leur exploitation aux fins des biocarburants ne doit ni compromettre l'environnement, ni mettre en conflits les agriculteurs.
Aimé Nabaloum
Le Pays/17/11/2011
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