Justice - Environ six mois après sa chute, c'est sur une civière que l'Egypte a retrouvé son raïs ce mercredi 3 août, non pas dans l'un des ses somptueux palais, mais dans le box des accusés. Inculpé avec deux de ses fils pour «corruption, détournement de fonds publics et meurtre», Hosni Moubarak doit désormais subir la dure loi d'une justice qui tient visiblement à aller jusqu'au bout de son procès. Pas de pitié pour le vieillard de 83 ans, croulant sous le poids de problèmes cardiaques qui lui ont enlevé toute capacité de se tenir comme il faut face à ses accusateurs.
On est tenté de se demander à quoi bon de juger cet homme qui n'aura même pas le temps de vivre les éventuelles peines qu'on viendrait à lui infliger. Mais comme on peut bien le comprendre, pour le nouveau régime, en quête de légitimité, il s'agit bien évidemment d'un procès symbolique, destiné à soulager la peine des familles des 850 morts et les plus de 6 000 blessés occasionnés par les manifestations qui ont poussé au renversement du raïs. Quoiqu'entre ce besoin pressant de justice et la soif de liberté des Egyptiens, il est difficile de croire qu'une éventuelle condamnation de Moubarak et de ses fils suffira à calmer les ardeurs. Et surtout à dissiper les incertitudes de l'avenir politique et économique de l'Egypte.
Une chose est de livrer l'ex-président à la justice, une autre est de faire régner désormais la justice et la liberté dans ce pays. La débauche d'énergie consentie par le nouveau pouvoir pour assurer la sécurité du procès est la preuve qu'il est plus facile de renverser un dictateur que de le juger. En tout cas, l'Egypte n'est pas encore sortie de l'auberge.
Bark Biiga
Fasozine/04/08/2011
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