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Feb 10th
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Afrique: Les femmes et les enfants parmi les principales victimes des conflits

Au moins 90% des décès liés aux conflits armés, ces dernières années en Afrique, sont civils dont 80% de femmes et d’enfants, révèle un document de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) parvenu à la PANA, mardi à Kinshasa, en RD Congo. Le document préparé dans le cadre d’une Table-ronde sur l’“Education, paix et développement”, qui se déroule du 26 au 28 juillet 2011 dans la capitale congolaise, soutient que, au cours de ces dix dernières années,  deux millions d’enfants ont été tués dans des conflits armés ou dans d’autres situations de violence.

Le triple a été « gravement blessé ou handicapé à vie » et des millions d’autres ont été « contraints d’assister ou de prendre part à d’horribles actes de violence», alors que ceux qui survivent sont devenus vulnérables, abandonnés et exposés au service militaire, selon la note conceptuelle de la rencontre de Kinshasa.

Le document cite des statistiques des agences humanitaires, notamment le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (ACNUR)  et l’UNICEF sur la situation des conflits en Afrique.

D’après ces donnes, les conflits armés et d’autres situations de violence ont séparé plus d’un million d’enfants de leurs parents et ont détruit leurs structures familiales et communautaires, les laissant “exposés à l’exploitation sexuelle et à la traite des êtres humains”.

“Ces horreurs sont exacerbées par le caractère limité ou même inexistant des possibilités d’éducation, laissant les adolescents, garçons e filles, effrayés, ennuyés et frustrés par la vie”, indique le document.

Dans de telles circonstances, ajoute-t-il, la vie à l’armée devient l’option la plus attrayante, surtout pour les plus pauvres et les plus marginalisés et le pouvoir devient aussi un “facteur de motivation très forte” qui conduit les jeunes impuissants ou sans accès aux ressources de base à prendre des armes « comme moyen d'accéder au pouvoir, à la reconnaissance et à une certaine sécurité ».

Selon l’ADEA, comprendre l’impact des conflits et des crises sur les enfants et les jeunes et sur leur capacité à accéder à l’éducation “passe par la reconnaissance du rôle que joue un système éducatif fonctionnel offrant une éducation de qualité à la société”.

«En allant tous les jours à l’école, les enfants et les jeunes évoluent de façon constructive dans un environnement sécurisé qui leur donne la possibilité de développer leurs aptitudes et leurs savoirs, leur permet de s’épanouir et de contribuer de façon significative à la démocratie, au progrès économique et à la cohésion sociale de leurs communautés », souligne-t-il.

Dans ce contexte, la Table-ronde de Kinshasa débattra des politiques et pratiques éducatives susceptibles de soutenir l’éducation “comme moyen pour consolider, maintenir et favoriser la paix pour contribuer à la cohésion sociale, la stabilité politique et le développement économique ».

L’objectif de cette interaction est d’approfondir le dialogue politique et social, des connaissances ainsi que de permettre une meilleure compréhension et un engagement dans la mise en œuvre  « d’initiatives et de solutions » pour répondre aux nombreux défis auxquels est confronté le continent africain, afin de contribuer à la promotion de l’éducation pour la paix et le développement durable”.

La rencontre de Kinshasa est organisée par l’ADEA en collaboration avec les ministères de l’Education du Kenya et de la RD Congo et l’UNESCO-BREDA, avec la participation des experts du secteur de l’Education, des décideurs et des concepteurs de curricula scolaires.

Des représentants d’institutions de développement, des bailleurs de fonds, des partenaires de la Société civile et des délégués des pays en “situation de conflit ou de fragilité”, notamment la Côte d’Ivoire, le Liberia, la RD Congo, le Kenya, la Somalie et le Zimbabwe, y prennent part aussi.

Par Fred Cawanda, Envoyé spécial de la PANA à Kinshasa

Pana 04/08/2011