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Wednesday
May 23rd
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Algérie-Assurances: Les compagnies d'assurances dans l'expectative

Elles ont suspendu le segment assurance des personnes depuis le 30 juin - Les compagnies d'assurances privées sont confrontées à une situation délicate après l'expiration du délai qui leur a été accordé par le gouvernement pour séparer l'activité assurance des personnes de celle des dommages. Certains parlent même d'un risque de disparition. En fait, la loi 04-06 du 20 février 2006, complétant l'ordonnance 95-07 du 25 janvier 1995, stipule que les compagnies doivent créer des filiales spécialisées avec un capital minimum d'un milliard de dinars.

Or, selon les précisions du DG de l'Algérienne des Assurances 2a, M. Tahar Bala, contacté hier par nos soins, la part de ce segment ne représente que 8% dans le secteur et un chiffre d'affaires de 300 millions de dinars. Une situation qui reflète clairement l'incapacité des compagnies à respecter les délais accordés par la loi. Conséquence : depuis le 30 juin dernier, toutes les compagnies ont suspendu le segment assurance des personnes de leur portefeuille. Selon M. Tahar Bala, on ne sait pas aujourd'hui si les trois compagnies, qui ont eu leur agrément, peuvent répondre aux besoins des assurés, s'interrogeant sur les moyens mis en place tels que le réseau et les moyens humains. Pour notre interlocuteur, le délai accordé aux compagnies est jugé trop court. Il indiquera dans le même sens que les assureurs privés ont tenté déjà, à travers l'UAR, de bénéficier d'une période supplémentaire pour se conformer aux dispositions de la loi, en vain. Pour le moment, nous dira M. Bala, il s'agit de trouver un partenaire avec lequel on pourra mettre en place une filiale spécialisée.

Néanmoins, ces nouvelles donnes, à ses yeux, vont mettre les compagnies à genoux et causeront d'énormes difficultés aux compagnies privées. Le P-DG d'Alliance Assurances a également tenu les mêmes propos hier, lors d'un forum économique organisé à Alger par Algeria Invest. Il a estimé qu'il y a une certaine dichotomie entre le secteur public et le secteur privé. Sinon comment expliquer les difficultés rencontrées par les compagnies privées pour participer aux marchés publics ? M. Khlifati a expliqué, sur ce point, que certaines entreprises excluent de facto les compagnies privées des appels d'offres, citant l'exemple de deux entreprises au centre et à l'ouest du pays. «On nous a interdit même de retirer le cahier des charges pour participer», a-t-il confié, ajoutant que même les banques ne veulent pas jouer le jeu. «Ceci n'arrange guère le développement du secteur», a-t-il dit.

Evoquant le cadre juridique régissant le secteur, le premier responsable d'Alliance Assurances a estimé qu'il est urgent de revoir les textes de loi de manière à permettre aux compagnies de travailler librement. Il s'est dit pour l'assouplissement des règles pour que les acteurs du marché puissent regarder ailleurs et, pourquoi pas, conquérir les marchés africain et maghrébin. Pour l'heure, inutile de rappeler le retard pris dans le développement du secteur en Algérie. En chiffres, l'Algérie vient en troisième position derrière nos pays voisins, avec un taux d'assurance de 0,6%, ce qui représente 23 dollars par personne. En valeur, c'est un marché d'un peu plus d'un milliard de dollars. En Tunisie, le marché représente 1,2 milliard de dollars pour dix millions d'habitants et au Maroc, c'est un marché de 3,4 milliards de dollars pour 30 millions d'habitants.

Smaïl Boughazi

La Tribune/05/07/2011


 

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