Dans un entretien accordé à la PANA, mardi à Sabratha (environ 80 km à l'ouest de Tripoli), en marge de l'atelier sur l'émigration clandestine, le capitaine Momamed El Bechir a souligné que la Libye traite les émigrés "avec humanité" étant donné qu'elle les considère comme "victimes de diverses circonstances et conditions, que ce soit d'ordre politique ou social".
Il a ajouté aussi que du point de vue sécuritaire, "les services libyens concernés luttent contre les bandes criminelles organisées qui font la traite et le trafic des personnes en les transportant d'un endroit vers un autre dans le but de réaliser des bénéfices substantiels sur le dos des personnes innocentes".
Le responsable libyen a appelé les ambassades respectives des pays d'origine des migrants clandestins à venir visiter les centres de rétention et à identifier leurs citoyens pour leur octroyer des documents attestant leur identité en vue de faciliter leur rapatriement dans leurs pays.
"Nous essayons de rapatrier le plus rapidement possible dans leurs pays respectifs les émigrés retenus dans les centres", a indiqué M. El Bechir, affirmant que la Libye assume des coûts financiers exorbitants pour ces rapatriements qui se font par voie aérienne ou terrestre pour les pays limitrophes. La Libye donne dans certains cas de l'argent de poche aux émigrés reconduits, "en vertu du sentiment d'appartenance de la Libye à l'Afrique et de ses engagements envers le droit international", selon le capitaine El Bechir.
Il a précisé que les centres de rétention ont été visités par de nombreux ministres, responsables et journalistes étrangers qui ont vu comment sont traités les pensionnaires de ces centres, signalant que "même ceux qui restent pendant de longs séjours dans ces institutions le font pour des raisons qui ne dépendent pas de la volonté des autorités libyennes".
"C'est soit parce que leurs ambassades ne leur ont pas octroyé des documents d'identité ou parce qu'ils ne peuvent pour des raisons objectives rejoindre leurs pays à l'instar des Somaliens", a-t-il indiqué.
Le responsable libyen a affirmé que les centres de rétention pour émigrés clandestins en Libye ressemblent à tous les autres centres de la même nature dans les autres pays du monde, "c'est à dire des centres d'hébergement des individus entrant de manière illégale dans le pays en attendant de régulariser leur situation avec leurs ambassades jusqu'à leur rapatriement dans leurs pays respectifs".
Actuellement, environ 2000 migrants clandestins sont pensionnaires des 12 centres de rétention en Libye.
"Le nombre de ces centres baisse au fur et à mesure qu'évolue le rapatriement des émigrés dans leurs pays, à l'exception des Somaliens qui ne peuvent être rapatriés dans leur pays en raison de la guerre civile qui y sévit", a précisé le directeur du département des passeports à la Sûreté libyenne.
Il a indiqué à ce propos que les autorités de son pays ont décidé de donner de nouvelles opportunités aux Somaliens en leur permettant d'avoir un travail. "Un grand nombre parmi eux ont commencé à travailler dans des sociétés publiques et privées en Libye, et des efforts sont conduits conjointement avec l'ambassade somalienne pour leur octroyer des documents d'identité afin de leur établir des contrats de travail en bonne et due forme", a ajouté le capitaine Mohamed El Béchir.
Sabratha - 10/11/2009
Pana
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