Les syndicats remobilisent les Nigérians au deuxième jour de la grève contre la hausse des prix du carburant - Alors que les manifestations au Nigeria entrent dans leur deuxième journée ce mardi, les deux principales centrales syndicales du pays ont invité les citoyens à montrer leur résolution en participant activement chaque jour à la grève illimitée qui a pour objectif d'obliger le gouvernement à revenir sur une hausse récente de 125 pc des prix du pétrole.
Dans un communiqué, le Nigeria Labour Congress (NLC) et le Trade Union Congress (TUC) ont qualifié de succès le premier jour de la grève générale lundi, même s'ils ont condamné le meurtre de Nigérians non armés par la police.
'Nous condamnons vivement le meurtre gratuit de Nigérians sans armes lors d'une manifestation pacifique et l'Inspecteur général de Police et le président Jonathan seront tenus responsables de ces morts inutiles', indique le communiqué.
On ne connaît pas exactement le nombre de personnes tuées dans les manifestations de lundi.
Si la police a confirmé seulement deux morts, un dans la capitale économique Lagos et un dans la ville du nord de Kano, la presse locale a annoncé un bilan de 12 morts.
Selon l'édition de mardi du quotidien privé Vanguard, deux personnes ont été tuées à Lagos, sept à Kano et trois dans la ville Benin (sud).
Ces chiffres n'ont pu être vérifiés de manière indépendante.
A part les incidents de Lagos, Kano et Benin, les manifestations se sont généralement déroulées dans le calme.
Des rassemblements et marches ont été organisés dans au moins 30 capitales d'Etat sur les 36 du pays et les bureaux, les banques, les écoles et les marchés sont restés fermés.
A Lagos, les ports maritimes étaient fermés tandis que seuls quelques vols internationaux ont été enregistrés au niveau de l'Aéroport International Murtala Mohammed, les terminaux des vols intérieurs étant fermés.
Cette grève est la conséquence de la décision du gouvernement nigérian, d'arrêter de subventionner les produits pétroliers, ce qui a immédiatement entraîné une hausse des prix du carburant de 65 nairas (40 cents) le litre à une fourchette comprise entre 141 et 200 nairas (90 cents et 1,3 dollar) avec une répercussion immédiate sur le coût des produits et services.
Le gouvernement a déclaré que cette décision était nécessaire pour la survie de l'économie du pays, puisqu'il ne pouvait plus se permettre d'investir chaque année les 1.300 milliards de nairas nécessaires pour subventionner les produits pétroliers annuellement (1 dollar = 155 nairas).
Mais les syndicats ont rejeté cette augmentation, en estimant qu'elle ne ferait qu'appauvrir davantage la population et ils ont demandé au gouvernement de revenir aux anciens prix ou à se préparer à faire face à une grève générale.
Une tentative du président Goodluck Jonathan d'expliquer cette décision aux Nigérians, via un discours télévisé, est restée vaine.
Même son annonce de mesures palliatives pour amortir les effets de cette hausse des prix du carburant n'a pu éviter la grève.
L'Assemblée des Représentants (Parlement), dans une résolution adoptée lors d'une session d'urgence dimanche, s'est déclarée contre la hausse des prix du carburant et a demandé au gouvernement de l'annuler, mais la présidence a rejeté cette résolution, qu'il a qualifiée de consultative et n'engageant aucunement le gouvernement.
Le Sénat, chambre législative haute doit reprendre ces sessions ce mardi et va vraisemblablement discuter de cette question.
Pana 10/01/2012
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