Vers la mise sur pied d'une force militaire commune pour surveiller la frontière soudano-libyenne - Le Soudan pense à la création d'une force militaire commune avec la Libye pour la surveillance de la frontière entre les deux pays, a annoncé mardi à Tripoli le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Kurti.
Le chef de la diplomatie soudanaise, qui effectuait une brève visite à Tripoli, a été reçu par le président du Congrès national général, Mohamed Al-Megréye, à qui il a remis un message du président Omar el-Béchir, relatif à la situation au Soudan et aux derniers développements dans le différend entre les deux Soudan.
Les deux hommes ont notamment réaffirmé la volonté des deux pays de renforcer leurs relations, notamment dans les domaines de la sécurité et de l'économie.
'Nous travaillons, en collaboration avec les responsables libyens, à la constitution d'une force militaire commune destinée à sécuriser les larges frontières qui séparent nos deux pays', a déclaré à la presse le ministre soudanais, à l'issue de son audience avec M. Al-Megréyef.
Évoquant la décision libyenne de former ses frontières sud, il a indiqué que son pays était 'favorable à la volonté de circonscrire le mouvement des groupes armés et des trafiquants d'armes et de drogue' et qu'il saluait la décision de la Libye.
Il a expliqué que des motivations sécuritaires étaient à l'origine de cette décision de la Libye qui dispose, selon lui, de frontières caractérisées par leurs grandes étendues sahariennes dont la sécurisation nécessite des efforts et des mesures spécifiques.
Le Congrès national général libyen, la plus haute autorité législative du pays, avait, en décembre dernier adopté la décision de fermer ses frontières avec le Soudan, le Niger, le Tchad et l'Algérie et avait décrété la région zone militaire fermée, rappelle-t-on.
Cette partie du pays, qui représente environ la moitié de sa superficie,
fait face quotidiennement à l'infiltration d'émigrés clandestins en provenance du Soudan, du Tchad et du Niger.
Selon des sources soudanaises, la visite à Tripoli du ministre soudanais des Affaires étrangères entre dans le cadre d'un périple qui va le mener dans d'autres pays africains pour exposer aux dirigeants des pays membres du Conseil de paix et de sécurité africain la position de son pays sur l'exécution de l'accord de coopération signé avec le Soudan du Sud.
Cette visite intervient au lendemain du sommet qui a regroupé récemment à Addis-Abeba les présidents soudanais et sud-soudanais.
Le périple du chef de la diplomatie soudanaise intervient aussi à la veille de la tenue dans la capitale éthiopienne du sommet des pays africains, prévu le 24 janvier et destiné à aplanir les questions en suspens et à rapprocher les positions des deux pays afin d'assurer la stabilité dans la région.
Pana 17/01/2013