Sénégal - Elus locaux, hommes de tenue et société civile s'outillent. Dans le souci d'améliorer la gestion des produits chimiques et de réduire les risques causés par l'utilisation des pesticides, le ministère de l'Environnement initie un atelier de sensibilisation et d'information à l'intention des élus locaux et agents de la sécurité publique. L'application des produits chimiques sur les cultures est nécessaire pour empêcher les pertes inacceptables de produits agricoles.
Cependant, en cas d'erreur de manipulation, l'utilisation de ces produits peut comporter des risques pour la santé des agriculteurs et du personnel chargé de leur manipulation. C'est dans le but de pallier ce genre de risque que la commission nationale de gestion des produits chimiques - qui est un des démembrements du ministère de l'Environnement - a convié des élus locaux et agents de la sécurité nationale, notamment gendarmes, douaniers et policiers à un atelier de sensibilisation et d'information sur les risques liées aux pesticides. Ainsi, durant deux jours (du 1er au 2 décembre), experts et techniciens de l'environnement vont imprégner les participants sur les méthodes à adopter pour réduire les risques causés par l'utilisation des pesticides. Mais aussi sur les dispositifs à mettre sur pied afin d'améliorer la gestion des produits chimiques.
En effet, d'après le représentant du directeur de l'environnement, Gatta Souleymane Bâ, 'actuellement nous évoluons dans une économie mondialisée où les échanges entre pays croissent à une vitesse sans commune mesure'. Il estime par ailleurs que la nature de ces échanges, particulièrement dans le domaine des produits chimiques, où est notée la circulation de plus de mille substances à travers le monde, peut être influencée par les réglementations entre les États et les comportements des acteurs économiques.
'Cette problématique a poussé la communauté internationale à mettre en place des instruments juridiques contraignants pour atteindre les objectifs de durabilité en matière de gestion des produits chimiques', explique Gatta Souleymane Bâ. Selon lui, le Sénégal, dans l'intérêt de réduire les risques auxquels ses populations et ses ressources sont exposées, et par rapport à ses orientations politiques en matière de coopération internationale à ratifier, a pris en compte, dans son droit interne, les dispositions des traités internationaux relatifs aux produits chimiques. Cependant, souligne-t-il, 'des lacunes sont constatées dans la mise en place des textes d'application, mais également dans la mise en œuvre'.
Abondant dans le même sens, le chef de la division prévention et contrôle du ministère de l'Environnement, Aida Sarr Seck, a, pour sa part, soutenu que, pour réduire les risques de maladies toxicologiques provoquées par les produits chimiques, les élus locaux et hommes de tenue, ainsi que des membres de la société civile doivent asseoir un cadre synergique de travail opérationnel. Ce, en vue de pousser les utilisateurs des produits chimiques à respecter le règlement international applicable aux pesticides. 'D'où l'importance de la tenue de cet atelier', dit-elle. Avant d'ajouter que, 'le Sénégal, dans le cadre de sa politique de développement durable, accorde une place importante à la gestion des produits chimiques. A ce titre, il a mis en place des stratégies de réponse aux plans institutionnel, juridique, infra-structurel, financier et informationnel en vue de mettre en oeuvre les conventions internationales et de s'adapter aux changements intervenus au niveau mondial en la matière'. Ainsi, pense-t-elle qu'à la sortie de cette rencontre, les participants seront suffisamment outillés pour aider la population à réduire la pollution des pesticides nuisibles à la santé humaine.
Paule Kadja Traore
Wal Fadjri/02/12/2011
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