Libye-Manifestation - On se croirait dans un film fiction ! En moins d'une semaine, la Libye devient une boucherie humaine. La répression violente et sanglante du régime Kadhafi contre les manifestants est simplement intolérable. Des soudards agissant avec la cruauté d'une certaine époque, tirent à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Certains quartiers de Tripoli, la capitale, sont bombardés par des avions de chasse C'est la mort partout : un carnage signé Kadhafi. Jusqu'où ira le Guide libyen ? Pour qui tue-t-il ? Pourquoi tue-t-il ?
La réponse des Kadhafi (père et fils) se comprend : la surprise du peuple. En Libye, il fallait être doté d'une notable réserve d'optimisme pour croire qu'un jour prochain des populations, qui ont de façon atavique le respect du « Guide suprême», contestent ses décisions. Certes, la majorité de la population libyenne rêve de vivre en démocratie. Mais, rien qu'à voir le niveau de vie des Libyens, le régime en place depuis 42 ans pouvait s'attendre à tout sauf à une manifestation populaire. Pour Kadhafi, c'est plus qu'une honte, c'est de l'injure à sa « sacrée » personne. Il vient d'être poignardé dans le dos. Il a décidé de répondre par une répression sanglante et disproportionnée.
Qu'on se comprenne bien. Que ceux qui se frottent les mains ailleurs retiennent que la Libye, dont le peuple manifeste dans la rue, est le premier pays africain où le niveau de vie est très élevé. Avec seulement 6% de taux de chômage. Question : si l'on traite ainsi l'arbre vert qu'en sera-t-il des bois secs ?
Qu'on l'aime ou qu'on la déteste, la révolution du Jasmaa continue de propager ses effets de contagion. Dans les pays où les caciques veulent tous devenir milliardaires et enrichir leurs amis sans qu'on leur pose les questions, et même quand on les leur pose, ils savent comment répondre pour s'en sortir : ils peuvent vous répondre par la démagogie tout comme par les armes. Le glas a sonné. La rue s'en charge à tour de rôle.
En tout cas, si la justice humaine ne peut pas juger les coupables de cette tragédie libyenne, le sang des victimes criera vengeance jusqu'au ciel. Pour Kadhafi et pour tous les despotes qui refusent de croire en la puissance du peuple, ils doivent retenir que le bonheur ne se construit pas sur la tombe des autres. Que même si la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie. Puis, Ils n'ont qu'à interroger Ben Ali et Hosni Moubarak, qui hument à présent l'air aigre de l'exil, plongés dans une éternité de regrets et de solitude. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Mais Kadhafi, lui, tue.
Rich Ngapi
Le Potentiel
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