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Mar 09th

Le FPR a tué 13 hommes d'église, selon le procureur du TPIR

Arusha, Tanzanie - Le procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Hassan Bubacar Jallow, a déclaré, mercredi, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, que des éléments de l'ancienne rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, actuellement au pouvoir) avaient tué 13 hommes d'église dans le centre du pays pendant le génocide de 1994, a rapporté vendredi le département d'information des Nations unies.

M. Jallow avait accompagné le président du TPIR, le juge Dennis Byron, pour la présentation du rapport semestriel du tribunal.

"Il (Jallow) a dit qu'il avait été établi que, le 05 juin 1994, des soldats du FPR avaient tué quelque 13 hommes d'église et deux autres civils à Gitarama (centre)", indique le département d'information de l'ONU.

Parmi les ecclésiastiques tués le 5 juin 1994 à Gitarama, figurent Mgr Vincent Nsengiyumva, archevêque de Kigali, Mgr Joseph Ruzindana, évêque de Byumba (nord) et Mgr Thaddée Nsengiyumva, évêque de Kabgayi (centre) et alors président de la conférence des Evêques catholiques du Rwanda.

"Certains des auteurs de ce crime seraient décédés tandis que d'autres servent actuellement au sein de l'armée rwandaise", a précisé le procureur en chef du TPIR, cité par le centre onusien.

Selon Jallow, le parquet général du Rwanda a fait part de sa décision, relativement à ce crime, d'inculper et poursuivre pour meurtre et complicité de meurtre quatre officiers supérieurs de l'armée rwandaise.

Le procureur au TPIR a assuré que ses services comptent suivre de près ces procédures, soulignant que les poursuites au Rwanda ne préjugeront naturellement pas de la primauté du TPIR sur ses affaires, rapporte le département d'information des Nations unies.

Egalement présent devant le Conseil de sécurité, le procureur général du Rwanda, Martin Ngoga, ancien représentant du gouvernement rwandais auprès du TPIR, a confirmé son engagement et sa disposition à mener le procès dans le strict respect des normes et des principes d'un procès équitable, ajoute cette source.

Jallow a toujours déclaré qu'il était en train d'examiner le produit d'enquêtes sur les crimes allégués de combattants du FPR afin de décider de l'ouverture ou non de poursuites judiciaires devant le TPIR.

Jusqu'à présent, le TPIR n'a mis en accusation que des dignitaires de l'ancien régime hutu.

Basé à Arusha, dans le nord de la Tanzanie, le TPIR a prononcé, à ce jour, 30 condamnations et 5 acquittements.
 
Arusha - 06/06/2008

Pana