Résultats des Législatives en Côte d'Ivoire - Qui du Pdci-Rda ou du Rdr à l'arrivée ? C'était toujours l'attente, en début d'après-midi d'hier 12 décembre, des résultats des élections législatives ivoiriennes qui se sont déroulées le dimanche dernier. Peut-être qu'au moment où vous parcourez ces lignes, les résultats provisoires sont tombés. Et, du même coup, on serait davantage situé sur le taux de participation qui était objet de spéculation entre, par exemple, un ancien porte-parole de Laurent Gbagbo qui parlait d'une mobilisation d'à peine 20% et le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Youssouf Bakayoko qui, de son côté, faisait état d'un taux d'environ 35%.
En attendant, une chose est sûre : la participation n'était pas celle des grands jours. Visiblement, beaucoup d'Ivoiriens ont préféré partir à la pêche plutôt que d'aller accomplir leur devoir civique. Ces législatives, dernière consultation majeure du processus de sortie de crise, n'auront pas échappé au peu d'engouement qui est de plus en plus réservé à ce genre d'élections par les citoyens, tant en Côte d'Ivoire qu'un peu partout en Afrique. De quoi réjouir sans doute le Front populaire ivoirien (FPI), le parti du président déchu Laurent Gbagbo, qui a appelé au boycott du scrutin. On n'occultera pas aussi le calme qui a caractérisé, dans son ensemble, ce scrutin.
On avait sérieusement craint pour ces législatives dans un pays qui sort à peine d'une guerre consécutive à une crise postélectorale. L'attaque qui a fait des morts lors d'un meeting à Grand-Lahou, avait aussi suscité de grandes inquiétudes. Finalement, il y aura eu plus de peur que de mal. En l'absence des partisans de l'ex-chef d'Etat et eu égard au taux de participation dont on sait qu'il n'a pas été fameux, le seul enjeu de ces législatives, reste la confrontation entre le Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) et le Rassemblement des républicains (RDR). Bien qu'ils se retrouvent dans le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), un cadre créé à la faveur de l'élection présidentielle de 2010, ces deux partis se sont âprement disputé les 255 sièges de la future Assemblée nationale. L'union, c'était juste pour la présidentielle. Les législatives, c'est du chacun pour soi, du « chacun s'assoit et Dieu le pousse », comme on le dit couramment sur les bords de la lagune Ebrié.
D'ailleurs, les résultats parcellaires étaient à peine tombés que l'on pouvait lire à la Une de journaux proches du RDR d'hier des titres du genre « Législatives 2011 : La razzia du RDR » (Le Jour) ou tout simplement « RDR : La razzia ! » (Le Patriote). Entre les deux alliés, c'est la course pour rafler la mise. Et, on attend de voir donc qui du PDCI-RDA ou du RDR coiffera l'autre au poteau. Dans tous les cas de figure, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara (ADO) n'a pas à s'inquiéter. Que son parti, le RDR ou son allié le PDCI-RDA ait la majorité, il ne gouvernera pas avec un parlement qui lui sera hostile.
Le législatif ne lui mènera pas la vie dure dans son contrôle de l'action gouvernementale, le vote des lois et de l'impôt. C'est, au finish, ce que recherche tout chef d'Etat. La cohabitation en la matière est très rarement un long fleuve tranquille. On regrettera, une fois de plus, le boycott du FPI qui a grandement ouvert la voie à une assemblée nationale où les débats contradictoires risquent de faire défaut.
Séni Dabo
Le Pays/13/12/2011
| < Prev | Next > |
|---|