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Feb 10th
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Perspectives économiques: La Banque mondiale pessimiste

Economie-Afrique - «Perspectives pour l'économie mondiale 2012» - Après avoir subi un coup dur en 2008, l'économie mondiale s'apprête à entrer de plein fouet dans une zone d'instabilité et d'incertitudes, durant cette année 2012. Les données contenues dans le dernier rapport de la Banque mondiale, «Perspectives pour l'économie mondiale 2012», rendu public hier, confirment cette tendance pessimiste qui «n'épargnera personne».

«La crise de la dette souveraine en Europe, qui a pris une tournure inquiétante en août 2011, coïncide avec un ralentissement de la croissance dans plusieurs grands pays en développement (Brésil, Inde et, dans une moindre mesure, Russie, Afrique du Sud et Turquie).

Celui-ci résulte surtout des mesures de resserrement mises en place fin 2010 et début 2011 pour contrer la montée des tensions inflationnistes découlant d'une croissance trop rapide», constate la BM dans le document. Les nouvelles prévisions donnent ainsi une hausse du PIB planétaire de 2,5% en 2012 après une croissance qu'elle estime avoir été de 2,7% en 2011.

Cette nouvelle prévision est inférieure de 1,1 point à celle que la Banque avait publiée en juin, quand elle tablait encore sur une accélération à venir de l'économie mondiale.

Partant de ce constat, la Banque table pour les pays en développement, sur «une croissance de 5,4% en 2012, ce qui constitue leur deuxième plus mauvaise performance sur les dix dernières années.

Elle a également révisé à la baisse ses anticipations de croissance dans les pays à revenu élevé, laquelle s'établirait à 1,4% en 2012, et plus particulièrement à -0,3% dans les pays de la zone euro.

Bien qu'ils parlent d'une probabilité élevée de récession dans la zone euro, les experts de la BM relativisent tout de même, prévoyant «une croissance à l'échelle de la planète qui devrait s'améliorer en 2013 et atteindre 3,1%».

Quant aux effets de cette tourmente qui s'annonce, la BM estime que «le ralentissement de la croissance est d'ores et déjà perceptible dans le fléchissement des échanges mondiaux et la diminution des prix des produits de base».

La banque juge que la progression du volume des échanges mondiaux a ralenti à 6,6% en 2011 (contre 12,4% en 2010, année de la reprise de l'économie mondiale), et qu'elle devrait continuer de ralentir en 2012 pour n'atteindre que 4,7%.

«Les pays en développement doivent se préparer à de nouveaux risques de détérioration alors que la crise de la dette dans la zone euro et l'affaiblissement de la croissance dans plusieurs grandes économies émergentes assombrissent les prévisions de croissance dans le monde», avertit la Banque, faisant notamment référence à la Chine et au Brésil.

«Partout dans le monde, les marchés boursiers ont fortement chuté, souvent de 20% ou plus», a relevé à Pékin Hans Timmer, directeur du groupe d'étude de la BM qui a rédigé les dernières prévisions, selon l'AFP.

«Depuis juillet, c'est 9,5% de la valeur du PIB mondial qui se sont volatilisés», a-t-il précisé. Enfin, le rapport qui appelle les pays du Sud à «se préparer au pire» recommande de «refinancer à l'avance leurs déficits budgétaires» tant qu'ils en ont la possibilité, de «donner la priorité aux dépenses de protection sociale et d'infrastructure» et de «soumettre leurs banques à des tests de résistance».

Smaïl Boughazi

La Tribune/19/01/2012