Politique - Ce qui se passe actuellement en République démocratique du Congo n'est ni plus, ni moins que des signes annonciateurs d'un scrutin apocalyptique. En effet, à peine la campagne présidentielle a-t-elle commencé que l'on enregistre déjà 3 morts. Bien avant même ce récent incident, l'on avait comptabilisé un mort lors des dépôts de candidatures. Une chose est certaine : ce préambule électoral pour le moins lugubre montre à suffisance qu'aucun candidat n'est sûr de sa victoire au soir du 28 novembre prochain. Ni le mastodonte Kabila qui s'est montré trop fébrile depuis le début du processus électoral, ni ses adversaires qui, plutôt que d'unir leurs forces pour se donner plus de chances, vont à l'élection en désordre, n'ont la moindre certitude de remporter ce scrutin.
La RDC est un immense Etat qui a toujours échappé au contrôle effectif de tous les pouvoirs qui se sont succédé. A tout le moins, chaque camp, à des degrés divers, a sa part de responsabilité dans ce branle-bas social indigne d'une nation démocratique moderne. Le pouvoir en place a instauré contre vents et marées un scrutin à un tour. Toute chose qui a crispé davantage l'atmosphère pour, enfin, réunir les ingrédients nécessaires d'un scrutin aux lendemains incertains.
Les scrutins à 2 tours ont ceci de particulier qu'ils suscitent de l'espoir chez les candidats qui y vont avec des forces proportionnelles. Or, dans le cas précis de la RDC, chaque candidat de l'opposition se dit que tout se prépare derrière le rideau de Kabila pour lui réserver des surprises désagréables. Ce scrutin à un tour est, pour ainsi dire, un coup K.O qui annonce un chaos. Quant à l'opposition, sa responsabilité se situe dans le fait qu'elle n'a pas jusqu'ici pu trouver un candidat commun. Elle n'aurait sans doute pas besoin de redouter tant Kabila si auparavant, elle avait cristallisé toutes ses forces sur un seul candidat.
En tout état de cause, ces images affreuses et piteuses que la RDC montre au reste du monde, ne sont pas de nature à glorifier l'Afrique. Comment l'Occident peut-il respecter le continent noir et ses dirigeants si la compétition électorale qui devrait être un jeu, rime en Afrique avec ethnicisme, tribalisme et violence ? Sans doute qu'au regard de la gravité de la situation, la communauté internationale se verra encore obligée d'intervenir pour sauver la RDC qui, de par l'irresponsabilité de sa classe politique, risque de basculer dans une spirale de violences à l'issue de la proclamation des résultats.
Boulkindi Couldiati
Le Pays/31/10/2011
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