Afrique en ligne

Actualités africaines: Economie Politique Finances Sports

Thursday
Sep 02nd
Home Sénégal Des acteurs de la filière-requins sur les voies de la reconversion

Des acteurs de la filière-requins sur les voies de la reconversion

Pêche - Des représentants de l'administration des pêches, des pêcheurs et des transformateurs de requins ainsi que des experts de la sous-région ouest-africaine ont débuté, lundi à Dakar, un atelier de réflexion sur les opportunités de reconversion des acteurs spécialisés dans la filière-requins sous l'égide de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP).

"Les pêcheries de requins font l'objet d'une agression féroce car nous assistons à une surexploitation de l'espèce", a indiqué M. Moustapha Thiam, directeur-adjoint à la direction des Pêches maritimes du Sénégal.

M. Thiam s'exprimait à l'occasion de l'ouverture officielle de l'atelier régional de concertation de deux jours sur les actions de reconversion des acteurs spécialisés dans la filière-requins au niveau des sept pays membres de la CSRP à savoir la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal, le Cap-Vert et la Mauritanie.

Pour le responsable du Plan sous-régional d'action requins (PSRA- requins), Mika Samba Diop, des "actions urgentes doivent être entreprises pour arrêter la pêche des requins".

"On ne peut pas continuer à poursuivre les efforts de pêche au niveau de cette espèce car nous assistons depuis maintenant plusieurs années à un effondrement des captures et à la disparition de certaines espèces".

La croissance des requins est lente, leur fécondité est faible et tardive selon M. Mika Diop qui précise que les captures de requins sont passées d'environ 30.000 tonnes en 2000 à 6.000 tonnes en 2003 puis à moins de 2.000 tonnes actuellement au niveau de la sous- région.

Il faut trouver des activités de reconversion des pêcheurs à travers la mise en place de fours de transformation d'autres espèces non menacées, la mise en place de circuits d'écotourisme, etc, a-t-il soutenu.

Pour Saouïbou Kassim, pêcheur ghanéen installé dans l'île de Djogué en Casamance (sud-ouest du Sénégal, environ 500 km de Dakar), il convient de fournir aux pêcheurs des activités génératrices de revenus pour qu'ils abandonnent la pêche des requins.

"Nous constatons que la ressource manque car parfois nous faisons dix jours en mer et nous revenons sans capture", a-t-il révélé avant d'appeler les responsable du CSRP à consacrer leurs efforts dans "l'élimination de certains filets dont l'utilisation est responsable de la capture des espèces non matures".

Cet avis est partagé par Amy Guèye, qui s'active dans la transformation des produits de mer en Casamance et pour qui les femmes ont besoin de "fours de transformation, de magasins de stockage et de financements pour se reconvertir vers d'autres espèces".

"Certains pêcheurs viennent du Ghana pour gagner leur vie, il faut leur trouver un autre moyen de le faire et ils accepteront", a-t-elle soutenu.
 
Dakar - 25/05/2009

Pana