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Mar 15th

Réforme de l’Etat au Mali: Les avancées et les difficultés

La réunion du comité de suivi de la réforme de l’Etat s’est tenue, hier, dans la salle de conférence de la Primature.

Présidée par le Premier ministre Modibo Sidibé, la rencontre a regroupé, entre autres, le ministre du Travail, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, Abdoul Wahab Berthé, le ministre de l’Economie et des finances, Sanoussi Touré, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Siby Ginette Belgarde, le ministre de l’Education de l’alphabétisation et des langues nationales, Salikou Sanogo, le ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le général Kafougouna Koné, le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Diallo Madeleine Bâ et le commissaire au développement institutionnel, Ousmane Oumarou Sidibé.

Les thèmes portaient sur l’état de la mise en œuvre du Programme national d’appui aux collectivités territoriales (Pnact), l’état de la mise en œuvre du Programme de développement institutionnel (Pdi), l’état de la mise en œuvre du plan d’action gouvernemental pour l’amélioration et la modernisation de la gestion des finances publiques (Pagam/Gfp) et l’état de la mise en œuvre du Programme décennal du développement de la justice (Prodej). Il convient de rappeler que le comité de suivi de la réforme de l’Etat a pour mission de superviser la mise en œuvre des politiques et programmes nationaux en matière de développement institutionnel et de décentralisation au Mali.

C’est à ce titre qu’il est chargé d’examiner périodiquement l’état de mise en œuvre des politiques et programmes nationaux en matière de développement institutionnel et de décentralisation, d’évaluer les mesures et actions entreprises dans le domaine de la réforme de l’Etat, de donner l’impulsion nécessaire à la modernisation de l’administration et de la gestion publique. Il faut aussi signaler que le processus de décentralisation du Mali, qui se déroule en phases successives, a démarré en 1992 avec deux objectifs centraux : le développement local et la promotion de la démocratie locale. Le Programme de développement institutionnel, approuvé par le gouvernement en juillet 2003 s’articule autour de six axes ou composantes majeurs, à savoir la réorganisation de l’Etat central, l’amélioration des méthodes et procédures de gestion des affaires publiques, le renforcement de la déconcentration, la consolidation de la décentralisation, la valorisation et le renforcement des capacités des ressources humaines, la communication et les relations avec les usagers.

Parmi les défis que doit relever le Pdi figurent l’application des résultats issus des audits, l’application des codes de déontologie, la préparation et la mise en œuvre des plans de déconcentration, la mise en œuvre de l’intranet de l’administration et l’ouverture de l’Ena. Le Pagam/Gfp, adopté le 20 avril 2005, est issu de la synthèse d’une série de diagnostics réalisés sur la gestion des finances publiques au Mali. Il fut adopté le 20 avril 2005. Il a pour objectif d’améliorer et de moderniser la gestion des finances publiques en vue de renforcer la gouvernance économique et financière. Le programme décennal de développement de la justice fut adopté le 28 décembre 1992 par le gouvernement.

Son objectif global est le renforcement de l’ancrage de l’Etat de droit. Il s’agit, en d’autres termes d’assurer la primauté du droit tant dans les rapports inter institutions que dans les rapports personnels, d’assurer une saine gestion des affaires publiques, de garantir la paix sociale par une lutte déterminée et efficace contre toutes les formes de délinquance, mais dans le respect des droits de l’homme et de faire du droit un instrument de l’ancrage de l’Etat de droit. Pour ce faire, le Prodej entend améliorer l’accessibilité du service public de la justice, améliorer l’efficacité du système judiciaire, renforcer sa crédibilité et adapter le cadre juridique aux besoins et aux attentes des justiciables.

Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre Modibo Sidibé a indiqué : ‘’A l’entame de cette réunion, la deuxième du Comité de suivi de la réforme de l’Etat, je voudrais dire, en guise d’introduction à nos travaux, que la tenue des sessions du Comité de suivi constitue un baromètre important et un indicateur de la dynamique de changement que notre pays traverse depuis plusieurs années. L’accélération du désengagement de l’Etat du secteur productif, l’approfondissement du processus démocratique, l’intégration sous régionale et les obligations y afférentes, les attentes nouvelles des usagers en matière de prestation de service de l’Administration, conduisent l’Etat à se réorganiser en profondeur et à changer ses méthodes traditionnelles d’action. ‘’ Le Premier ministre, Modibo Sidibé, a fait savoir que cette revue doit permettre de mesurer les avancées réelles faites dans la conduite de chacun des programmes, d’identifier les difficultés qui se présentent et de convenir des voies de résolution qui s’offrent.

Il a soutenu que des réformes importantes et des avancées notables ont été introduites – réforme des Daf, création des directions des ressources humaines et audits organisationnels- au cours des derniers mois, mais qu’il faudra les consolider. Il s’est réjoui de la formulation du Programme d’appui à la réforme administrative, à la décentralisation et au développement économique régional (Paradder). Il a salué les engagements des partenaires techniques et financiers pour appuyer le Programme national d’appui aux collectivités territoriales et la phase II du plan d’action gouvernemental pour l’amélioration et la modernisation de la gestion des finances publiques (Pagam/ Gfp), en préparation. Il a insisté sur l’engagement total de chacun des acteurs impliqués dans ces programmes, dans la conduite des réformes dans les secteurs respectifs.

Dans le cadre du Pdi, Modibo Sidibé a insisté sur la mise en place du code de déontologie au ministère de la Santé. A cet effet, il a recommandé que d’ici la fin de l’année, des dispositions soient prises pour que les documents puissent être adoptés et mis en œuvre. Il a souhaité que les services de contrôles soient mieux organisés et déploré le manque d’harmonie dans le travail de collaboration concernant l’intranet. Concernant le Prodej, il a indiqué que les niveaux sont appréciables, mais qu’il faut plus de concertation entre le ministère de la justice et celui de l’économie et des finances.

Baba Dembélé

Le Républicain du 18 novembre 2009