Courant 2007, Dakouo Mounkoro, né vers 1983 à Bérékou (Tominian), employé comme gardien au domicile d’Henry Kéita, a tenté de violer Djénèba Coulibaly et Maïmouna Coulibaly toutes deux aides ménagères venues passer la nuit avec leur cousine Hawa Sabo, la domestique d’Henry Kéita.
Informé de cet acte de son gardien, M. Kéita prévient ce dernier de ne plus se comporter ainsi. Cette mise en garde met mal à l’aise Dakouo, qui s’engage alors à faire du mal à toute la famille de M. Kéita avant de s’en aller.
Afin de parvenir à son dessein criminel, il favorise l’introduction au domicile d’Henry Kéita de trois de ses compagnons armés de coupe-coupe tout en laissant la porte ouverte. Après s’être introduits, les trois hommes se sont emparés de l’aide ménagère Hawa Sabo obligeant celle-ci à prendre un sachet contenant une substance qui leur avait été remise par Dakouo dans le but l’administrer dans la nourriture de la famille Kéita.
Face à son refus catégorique, Hawa Sabo se fait bâillonner. Ligotée, les yeux bandés, elle est entraînée de force par deux des malfaiteurs dans un véhicule en stationnement dans le garage pendant que le troisième se charge de répandre la substance nuisible dans le puits. En outre, ils endommagent sérieusement le véhicule avant de disparaître.
Interpellé, Dakouo a reconnu les faits à la police. Mais, il a tenté lundi de les nier devant la Cour. A ses dires, c’est parce qu’il a été torturé par la police qu’il a reconnu les faits qui lui sont reprochés. "Je n’ai pas ouvert la porte. Je n’étais pas là quand on endommageait le véhicule de M. Kéita", a-t-il dit.
La Cour a entendu Henry Kéita et son épouse qui ont confirmé que Dakouo était à la maison au moment des dégâts. "J’étais sorti. Il était seul à la maison avec mon aide ménagère", a expliqué M. Kéita
L’avocat de la partie civile a indiqué que Dakouo est membre d’une association de malfaiteurs. Le ministère public a avoué "qu’à analyser ce dossier de près, je suis entièrement d’accord avec la partie civile. L’acte commis par Dakouo constitue un crime contre la paix sociale selon la loi".
Pour l’avocat de la défense, il n’y a aucune preuve. Malgré les dénégations, la réplique de l’avocat de la défense, la Cour a reconnu Dakouo Mounkoro coupable. Elle l’a condamné à 20 ans de réclusion.
Sidiki Doumbia
Les Echos du 28 octobre 2009
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