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Feb 09th

Mali: Litige foncier à Kognoumani en commune I

Immobilier - Issa Diarra tué à bout portant. En Commune I, les contentieux liés à la terre prennent de l’ampleur. De plus en plus, les hommes se font justice eux-mêmes. C’est ce qui s’est passé dimanche dernier à Kognoumani (Commune I). De quoi s’agit-il ?

Dans cette bourgade de la capitale, il y avait des concessions construites sur un espace de 84 ha qui ont été démolies par la mairie de la Commune I faisant des sans abris.

Quand l’affaire a été transportée devant les juridictions compétentes dont la Cour suprême, il a été signifié à la mairie et aux anciens propriétaires des parcelles l’arrêt de tous les travaux sur le site. Nous étions entre 2004 et 2006.

Mais quelle ne fut la surprise des victimes de la démolition de constater depuis l’année dernière que la mairie de la Commune I a procédé à la ré-affectation des parcelles.

De quoi irriter l’Union pour la coordination des associations pour le développement et la défense des droits des démunis (UCA-4D) qui a de nouveau tiré sur la sonnette d’alarme. Mais rien n’a faire, car les travaux ont continué comme si de rien n’était.

C’est le 15 novembre dernier que la goutte d’eau a débordé le vase. N’ayant pas pu maîtriser leur colère au regard de ce qui se passe, les membres de l’UCA-4D, réunis en assemblée générale, ont décidé dimanche dernier de s’opposer aux travaux en cours sur la base d’une grosse de justice qui ordonnait la cessation des travaux sur le terrain.

Mais c’était sans compter que parmi ceux qui opéraient sur le terrain certains étaient armés jusqu’aux dents.

Approché, Massa Koné, secrétaire général de l’UCA-4D affirme que parmi ceux qui étaient armés, il y avait un certain Ousmane Coulibaly qui s’est mis à tirer sur la foule. Bilan : un mort du nom d’Issa Diarra et de nombreux blessés. A l’entendre, il agit de la sorte sur l’ordre de la mairie de la Commune I qui, poursuit-il, "les a payés pour venir garder les lieux en s’opposant à toute résistance".

Après le drame, le corps du défunt a été conduit à la morgue où il était encore hier lundi. Selon nos informations, l’auteur du crime continue de circuler. Il n’a pas été arrêté encore moins entendu.

Mohamed Daou

Les Echos du 17 novembre 2009