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Mar 14th

Mali: La production d'échalote en expansion

Agriculture - Le développement de la filière passe par l’intensification de la production et de la transformation, notamment, par le séchage.

La production d'oignons et d'échalote a considérablement augmenté ces dernières années dans notre pays.

Selon les statistiques de la Direction nationale de l'agriculture, elle est passée d'environ 60 000 tonnes entre 1995 et 1998 à 80 000 T en 2000/01. Elle a atteint plus de 150 000 tonnes en 2 001/2002.

L'échalote est un légume-condiment très utilisé dans nos cuisines. Employé en petites quantités. Elle n'a aucune incidence sur la teneur énergétique des plats.

Comme l'ail et l'oignon, elle fait partie de la famille des liliacés. Mais l'échalote est plus digeste que ces deux derniers.
Comme eux, elle renferme des substances soufrées spécifiques. Elle a des propriétés très bénéfiques sur le système cardio-vasculaire. Par ailleurs, l'échalote améliore la fluidité du sang et aide à lui assurer une teneur en sucre modérée.
En outre, elle a des vertus antiallergiques et antimicrobiennes.

3 principaux bassins de production. Tradition-nellement, il existe trois principaux bassins de production de l'échalote au Mali: la zone Office du Niger, le pays dogon et la zone périurbaine de Bamako (Kati, Koulikoro).

A l'Office du Niger où, il était initialement cultivé dans les jardins de case, la production s'est ensuite étendue aux zones hors casiers et aux casiers rizicoles en contre-saison du riz. l'ON est la principale zone productrice au Mali. D'ailleurs l'échalote y est actuellement, la principale culture maraîchère et représente plus de 90% de la production maraîchère de la région. L’ ON assurerait également 2/3 de la production nationale même si es superficies cultivées restent peu importantes ,moins de 0,5 ha en moyenne.

Au pays dogon, l’échalote est cultivé en aval de petits barrages, suite à une introduction de la culture par un projet allemand au début des années 90. Le plateau dogon produit aujourd’hui, plus de 35 000 tonnes d’échalote avec un rendement moyen de 25 à 30 tonnes à l’hectare. Quant à la zone périurbaine de Bamako, la culture porte plutôt sur les gros oignons (type violet de Galmi) dans les jardins maraîchers.

L'organisation des producteurs diffère dans les deux grandes zones de production. En pays Dogon, les producteurs sont relativement bien organisés en groupements intervenant dans l'approvisionnement en intrants, la transformation et la commercialisation des produits. Cela a favorisé la mise en place d’un cadre de concertation qui leur permet de fixer un niveau minimum de prix garanti aux producteurs et de mettre en place un système efficace de commercialisation et de transformation de l’échalote.

A l'ON, l'organisation des producteurs est moins bien structurée, mais ces derniers profitent du réseau commercial d'approvisionnement en intrants et d'évacuation des produits constitué autour du riz.

En ce qui concerne la production, cette dernière obéit à une forte saisonnalité. A l'ON, la période de vente correspond aux mois de février, mars ou avril. Au pays Dogon, il y a deux récoltes: la principale, en janvier/mars, qui vient concurrencer celle de l'Office, et une récolte secondaire, en octobre/décembre. Enfin, en zone périurbaine de Bamako, la récolte a lieu en même temps que celle de l'ON.

Avec l’augmentation de la production, les structures d’appui ont vulgarisé dans les zones de production, des techniques améliorées de conservation et de transformation à côté des techniques traditionnelles de conservation qui s'accompagnent d'énormes pertes. Ainsi la construction de cases de type RETAIL a permis une amélioration sensible de la conservation. En décembre 1999, 1556 cases de conservation de type RETAIL d'une capacité de stockage globale de 4 147 tonnes ont été recensées en zone ON.

En raison des bas prix de l’échalote fraîche préjudiciable au producteur, un nouveau produit, substitut de l’échalote fraîche a été mis au point: il s’agit de l'Échalote Séchée en Tranche, vulgarisée par un projet allemand dans le pays dogon. Cette forme respecte les conditions d’hygiène et conserve les caractéristiques de l’échalote fraîche (arôme et substances nutritives).. Ce type de transformation a connu un développement important dans la zone du plateau dogon (8 Kg d’échalote fraîche donnent 1Kg d’échalote séchée). Au niveau de la région de Ségou, 2% de l’ensemble de la production sont transformés en échalote séchée en tranche.

Pour ce qui est de la commercialisation, environ 80% de la production est destinée à la vente. Le reste est réparti entre les pertes (15%), les semences et l’autoconsommation. Les marchés les plus importants sont Bamako et Sikasso d’où sont exportées de faibles quantités vers la Côte d’Ivoire et la Guinée Conakry. La production étant saisonnière et compte tenu des difficultés de conservation du produit, les prix varient selon les périodes. En période d’abondance, ils sont les plus bas (moins de 100 FCFA/Kg), En période intermédiaire mai - juillet ils varient entre 100 et 150 F CFA/Kg. En août- décembre le prix du kilogramme atteint 300/ 500 FCFA.

L’échalote séchée en tranches est vendue à 1000 FCFA le Kg.

Plus de 90% de la production est consommée au Mali. Mais elle ne satisfait les besoins des consommateurs nationaux. Cela s'explique par le fait que la filière est confrontée à certaines difficultés.

La production est très concentrée. Elle est saisonnière. La transformation peu développée et le stockage peu pratiqué. Le financement des entrepôts pose problème. Si la dynamique de production se poursuit au rythme actuel, il y a un risque, à terme, d'une saturation du marché intérieur. On note également la méconnaissance des opportunités réelles des marchés d'exportation sous-régionaux.

Renforcement de la consommation intérieure. Le développement de la filière échalote/oignon doit être basé sur le renforcement de la consommation intérieure en rendant le produit disponible toute l'année. Cela n'est possible que par l’intensification de la production et de la transformation, notamment ,au moyen du séchage. Surtout que le Mali dispose d’importantes terres en zone irriguée ON. Les paysans maîtrisent également les techniques culturales même s’il reste encore d'importants efforts à fournir pour améliorer davantage les systèmes de production actuels.

Il s’agit aussi de favoriser un climat de concertation continue entre les acteurs de la filière, de vulgariser des variétés tardives afin de mieux étaler la production sur toute l’année. Il y a exigence de promouvoir les unités de séchage semi-industrielles et de promouvoir le produit sur les marchés importateurs de la sous- région.

F. MAÏGA

L'Essor n°16562 du 04 novembre 2009