Ces termes, plus tard, avaient de quoi troubler puisque c’est le même jour que le trafic de camions poids lourds a été interrompu entre les deux voisins.
Est-ce déjà le début d’un blocus qui trouve son explication dans la tension entre les deux voisins née de la position du président nigérian, par ailleurs président en exercice de la Cedeao, vis-à-vis de la crise politique nigérienne ?
Impossible à ce stade d’être catégorique. Du reste, les autorités nigérianes s’en défendent. Mais le fait est qu’hier encore le trafic était encore fermé aux véhicules de fret entre Zinder et Maradi, et pas du tout à cause des autorités nigériennes.
Officiellement, le terme de blocage n’est pas avancé, mais les langues se délient, surtout du côté de l’opposition nigérienne pour qui il s’agit d’un début d’application des sanctions édictées contre le Niger par la Cedeao dont le médiateur Abdusalami Abubakar avait rendu une visite discrète de quelques heures, au président Tandja, samedi dernier.
Si l’hypothèse du blocus se confirmait, il ne ferait aucun doute alors que l’homme fort de Niamey serait forcé de réagir à une situation qu’il n’avait pas forcément anticipée et qui le mettrait en position plus que délicate vis-à-vis de ses concitoyens. Ceux-ci, en effet, dépendent du Nigeria pour l’essentiel de leurs ravitaillements en carburants, produits manufacturés, alors que les exportations nigériennes se limitent surtout à la viande et ce, surtout vers le Nord du Nigéria.
Ce blocus viendrait également confirmer la détermination de la Cedeao et de la Communauté internationale à faire respecter les textes communautaires sur la gouvernance.
Personne ne saurait alors combien de temps Tandja tiendrait, les ravitaillements via le Burkina et le Mali pouvant être bien plus coûteux même s’ils restent possibles pour desserrer l’étau nigérian. Personnellement, Yaradua jouerait là une carte décisive pour sa propre image -n’oublions pas qu’il aurait pu venir lui-même d’une manière démocratique-. Mais mieux, il repositionnerait, de la façon la plus frappante, un leadership nigérian qui a été souvent velléitaire.
Adam Thiam
Le Républicain du 06 novembre 2009
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