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Feb 09th

Changement climatique: L’Eau en danger

Environnement - Sécheresses, inondations, diminution des ressources hydriques, le phénomène a un impact sensible sur le cycle de l'eau.

La raréfaction des pluies, les inondations et autres intempéries, les fortes températures, voilà entre autres facteurs évoqués régulièrement pour expliquer un état de fait général : le changement climatique.

On en parle tous les jours et un peu partout sans pour autant arriver à donner un sens absolu au phénomène qui est devenue une préoccupation mondiale.

La prochaine rencontre à Copenhague au Danemark sur la question et les appels pressants de la communauté internationale à la réduction des émissions des gaz à effet de serre traduisent le caractère global d'un phénomène qui menace l'humanité.
Qu’est ce que le changement climatique ? Quelles en sont les manifestations ? Que faire pour lutter contre ? Les réflexions s'organisent tant au plan international que national.

La mouvance nationale à laquelle appartient le Partenariat national de l'eau (PNE) et ses partenaires (la coopération suisse notamment) entend apporter sa contribution aux débats. Elle a organisé lundi et mardi un atelier national technique dont les travaux se sont déroulés à la Maison du partenariat.

Plusieurs responsables des services techniques et des représentants d’ONG et autres acteurs intervenant sur les questions d'eau et d'environnement ont participé à cette rencontre qui a regroupé plus d’une cinquantaine de participants venus de divers horizons.

Deux jours durant, ils ont discuté des moyens propres à favoriser une synergie d’actions entre le Programme national d'adaptation aux changements climatiques (PANA) et le Plan d'action de gestion intégrée des ressources en eau (PAGIRE).

Selon la chargée du réseau pour l'Afrique de l'ouest au Partenariat mondial de l'eau (GWP), Aurélie Vitry, cette rencontre traduit l'acuité de la problématique du changement climatique. L’atelier, a-t-elle assuré, se veut un message fort à faire parvenir à l'opinion internationale, en prélude au sommet de Copenhague prévu le mois prochain.

"Le défi à relever, c'est comment atténuer les effets du changement climatique sur les populations, particulièrement celles des pays au sud du Sahara. Le changement climatique a un impact sensible sur le cycle de l'eau. Des conséquences comme les sécheresses, les inondations qui peuvent en résulter. Le message que l'on veut faire passer, c'est qu'il n'y aura pas d'adaptation au changement climatique sans une meilleure gestion des ressources en eau. Ce qu’il y a donc de mieux à faire, ce sont des actions préventives à travers l'information, la sensibilisation pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre », a analysé Aurélie Vitry.

Le directeur régional de l'hydraulique de Kidal, Gouro Bocoum, a fait remarquer que le changement climatique touche autant les pays développés que nos Etats en voie de développement. "C'est un phénomène universel qui se manifeste sous plusieurs formes : inondations, sécheresses, cyclones…", explique-t-il. Et Gouro Bocoum sait de quoi il parle. À Kidal dont il a la charge de la direction régionale de l'Hydraulique, la nappe phréatique a baissé de plus de cinq mètres depuis 2002. Le creusement de puits est de plus en plus problématique.

Mais n'y a-t-il pas de solutions pour inverser la tendance ? Ce n’est pas une fatalité, répond Bocoum. « Pour au moins limiter les dégâts, il va falloir adopter de meilleurs comportements », plaide-t-il en relevant que le facteur anthropique demeure le plus important de ceux qui accélèrent le changement climatique.

Au terme des travaux, les participants ont décidé d'intensifier les activités d'information et de sensibilisation de la population sur la gestion de l'eau et les questions liées au changement climatique. Il a été ainsi recommandé de renforcer le système de collecte et de diffusion des informations sur le phénomène climatique, de mobiliser les ressources financières et humaines nécessaires à la mise en œuvre du PANA et du PAGIRE.

Les participants ont également préconisé le renforcement et la poursuite du programme de pluies provoquées, souhaité le renforcement du cadre de concertation sur la gestion de l'eau et la restauration du couvert végétal par des activités de reboisement et enfin le renforcement de la synergie d'actions pour la mise en œuvre du Pana et du Pagire.

Le président du Partenariat national de l’eau, Housseiny Maïga, a lui souligné combien la question du changement climatique était étroitement liée à la gestion de l'eau. C’est pour cela que la mission du PNE est de contribuer à promouvoir la gestion intégrée des ressources en eau. Dans ce cadre, il a plaidé pour un renforcement de la coopération avec les organisations nationales et internationales ayant des missions similaires.

Selon Housseiny Maïga, le Partenariat contribue concrètement à la résolution de nombre de problèmes spécifiques relativement à la réduction de la pauvreté, au traitement de la pénurie d'eau et à la compétition pour l'eau, à l'amélioration de la situation des femmes, à la protection des écosystèmes.

Le représentant du ministère de l'Energie et de l'Eau, Sidi Touré, a promis le soutien des pouvoirs publics à toute initiative allant dans le sens d'une meilleure gestion des ressources en eau dans le pays.

L. DIARRA

L'Essor du 19 novembre 2009