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Mar 17th

Le Cap-Vert attristé par la mort de Luis Cabral

Le chef d'Etat cap-verdien, Pedro Pires, a exprimé sa profonde tristesse à l'annonce de la mort, samedi à Lisbonne (Portugal), du premier président de la Guinée-Bissau, Luis Cabral, a appris la PANA dans la capitale cap-verdienne de source officielle.

Dans une déclaration lue à la presse au Palais présidentiel, à Praia, Pedro Pires a rendu, dimanche, un hommage au "combattant de la liberté, Luis Almeida Cabral", en soulignant qu'"un destin voulu et assumé nous lie pour toujours: la lutte pour la libération de la Guinée et du Cap-Vert".

Le chef d'Etat cap-verdien, qui devrait être présent mardi à Lisbonne aux obsèques de l'ancien président de la Guinée-Bissau, a rappelé que Luis Cabral a été un des fondateurs du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) "en ces temps de révolte, de rêve, d'incertitudes, de sacrifices et de disponibilité intime, en misant et en servant la cause de la libération de l'Afrique et de nos pays opprimés et humiliés".

Il a indiqué que Luis Cabral était une personne de conviction, qui croyait obstinément à la victoire de la cause de la lutte de libération de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert.

"Optimiste de nature, il faisait confiance en nos capacités à dépasser les énormes difficultés et de surmonter les défis auxquels on était confronté lors d'une lutte comme celle que nous avons eu contre le colonialiseme, ce qui finalmente s'est réalisé", a-t-il souligné.

Luis Cabral, après qu'il a occupé de hautes fonstions de direction au PAIGC lors de la lutte de libération, a été élu président de la République de la Guinée-Bissau à l'occasion de la proclamation unilatérale de l'indépendance en 1973.

"Avec un sens élevé de patriotisme, il a fait sienne l'idée de faire de la Guinée-Bissau un Etat viable et développé. Et, curieusement, son projet le plus ambitieux pourrait se concrétiser bientôt, environ 30 ans après sa conception", a-t-il résumé.

Pedro Pires a soutenu que l'ancien président de la Guinée-Bissau "a été trahi par son désir crédule de vouloir aller trop vite, sous- estimant les résistances sociologiques de la société bissau- guinéenne", indiquant qu'il "revient aux historiens la tâche d'analyser et d'expliquer cette période fertile de l'histoire de la Guinée-Bissau, chargée de rêves, mais aussi, de convulsions et de représailles".

Le président cap-verdien a rappelé qu'après le coup d'Etat de novembre 1980 orchestré par Joao Bernardo "Nino" Vieira, Luis Cabral a été forcé de vivre hors du pays pour lequel il a rêvé, luté et servi.

"Ce fait a été le côté le plus dramatique et douloureux de son existence. Cela n'aurait jamais dû se passer ainsi: forcer un combattant de l'indépendance à vivre en exil. Ce sont des erreurs ou des fatalités que les dirigeants politiques doivent corriger à temps avec lucidité et générosité (...)", a-t-il déclaré.

Dans son message, Pedro Pires a aussi révélé que, connaissant l'état fragil de sa santé, il a eu, ces derniers mois, des contacts réguliers et fréquents avec Luis Cabral.

"Il m'a confié le malaise et le rejet qu'il avait pour les dernières et effroyables violences du 2 mars à Bissau (avec le double assassinat du président Nino Vieira et du chef d'état-major des Forces armées, le général Batista Tagmé Na Waié). C'est cela sa manière généreuse d'être", a ajouté le président cap-verdien.
 
Praia - 02/06/2009

Pana