Ces manifestants exigent qu'un ministre et des responsables soient sanctionnes pour la mauvaise gestion d'une somme de 120 million de dollars initialement destinee a promouvoir la gratuite de l'enseignement primaire dans le pays.
Les responsables d'un tel detournement de deniers publics doivent arretes et poursuivis en justice, ont plaide ces militants de la societe civile dont 22 ont ete arretes au cours d'une manifestation de protestation organisee mercredi a Nairobi.
"L'arrestation arbitraire de ces manifestants prouve que le gouvernement ne manifeste aucune volonte d'aller en guerre contre la corruption", a affirme le groupe, exigeant leur "liberation immediate et sans condition".
Le groupe, de meme que 40 autres, ont condamne les forces de police pour d'arrete des defenseurs innocents des droits de l'homme et des citoyens kenyans ordinaires qui n'ont fait que manifester leur inquietude face a un mal endemique et a un abus de pouvoir par les responsables du ministere de l'Education.
Au cours des deux dernieres semaines, le gouvernement a ete submerge d'appels exigeant que le ministre de l'Education nationale, Sam Ongeri, et son secretaire permanent, le Pr Karega Mutahi, soient demis de leurs fonctions pour avoir ete incapables de dire comment a ete utilise cet argent qui, s'il avait ete employe a bon escient, aurait pu eviter a plus d'un demi-million d'eleves d'abandonner l'ecole par manque de soutien financier.
Mercredi, le dramaturge et activiste de la societe civile Okiya Omtatah, a la tete d'un groupe de manifestants, s'est rendu a la police centrale de Nairobi pour deposer une lettre appelant le gouvernement a demettre les coupables de leur fonction.
Les manifestants ont alors ete arretes pour incitation et trouble a l'ordre public.
Bien que le president Mwai Kibaki ait deja donne l'ordre a la Commission kenyane de lutte contre la corruption d'ouvrir des enquetes sur cette affaire, l'opinion publique reste sceptique quant a la volonte reelle du gouvernement d'arreter et de sanctionner les coupables conformement aux loi en vigueur.
En effet, certaines des personnes impliquees dans ces scandales ont des liens politiques et ethniques tres proches avec le president.
En outre, depuis sa mise sur pied, il y a dix ans, le KACC n'a toujours pas reussi a intenter des poursuites judiciaires contre de hauts responsables de la chambre legislative.
Dans ce contexte, le sous-secretaire d'Etat du Centre international de la politique et des conflits, Ndung'u Wainaina, a indique que "cet acte archaique, brutal et sans fondement montre que la police est loin d'etre independante. Elle fait fit de la loi et viole arbitrairement les droits des citoyens, protege les criminels sans gene comme pour montrer qu'elle est a peu pres sure que ses agissements resteront impunis".
Il a ajoute: "nous sommes tres genes que le nouveau commissaire de police Mathew Iteere, apres trois mois dans ce departement, ne puisse rien faire contre la violence policiere qui en est actuellement a son paroxysme. Le changement d'homme a la tete des forces de police ne signifie en aucun cas que la reforme de cette institution qui, du reste, se livre impunement a toutes sortes d'abus, est en fin en voie d'etre engagee".
Nairobi - Pana 25/12/2009
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